Archives de l’Institut Pierre-Mendès-France

52, rue du Cardinal-Lemoine

75005 PARIS

Tél. : 01-44-27-18-81

Fax : 01-44-27-18-82

Mél : ipmf@college-de-france.fr

Site : http://www.pierremendesfrance.asso.fr

Bibliothèque et centre d’archives ouverts au public du lundi au vendredi, de 9 h. 30 à 17 h. 30 (sauf juillet-août)

Association reconnue d’utilité publique, qui devrait prochainement devenir fondation, l’Institut Pierre-Mendès-France a été créé en 1985 par Marie-Claire Mendès-France, veuve de l’ancien président du Conseil et actuelle présidente de l’Institut. Ses locaux (bibliothèque-salle de consultation 12 places, salle de conférences 100 places) sont situés dans l’annexe du Collège de France.
L’Institut, qui emploie une contractuelle et un agrégé mis à disposition, chargé des aspects archivistiques et historiques, a pour vocation de promouvoir l’étude de l’œuvre de Pierre Mendès-France. Il regroupe et sauvegarde les éléments de documentation relatifs à « PMF », accueille étudiants, chercheurs et journalistes, organise conférences et colloques (plutôt à destination du grand public).

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Présentation issue de l’ECHO N°30 (juin 2001)

1. Historique des archives

PMF, impré­gné par sa pra­ti­que de juriste, s’est montré méti­cu­leux, atten­tif à la mise en ordre régu­lière de cer­tains dos­siers ou docu­ments per­son­nels, tout en fai­sant preuve d’un total désin­té­rêt pour des pièces qui auraient pas­sionné les his­to­riens, mais qu’il fit jeter. Cette contra­dic­tion expli­que les lacu­nes et les riches­ses de ses archi­ves.

Dans un pre­mier temps, il ne conserva que ce qui le concer­nait très direc­te­ment (jour­naux, affi­ches et tracts, let­tres per­son­nel­les ou émanant de célé­bri­tés, etc.). Pendant la guerre, ses papiers furent mis à l’abri, de sorte que les Allemands ne purent pas les saisir. Dès les années trente, il avait aussi entre­pris une vaste enquête généa­lo­gi­que et his­to­ri­que sur les Mendès France depuis le XVIe siècle, avec, en par­ti­cu­lier, toutes les pièces de l’Inquisition por­tu­gaise (micro­films et leur tra­duc­tion) concer­nant les pour­sui­tes menées contre ses ancê­tres. Après sa mort, les 49 boîtes de ce fonds ont été dépo­sées à l’Alliance israé­lite uni­ver­selle.

Ses divers secré­ta­riats (Louviers, Paris, Grenoble) gar­daient ses cor­res­pon­dan­ces et notes. Régulièrement, PMF donna l’ordre de jeter les dos­siers les plus anciens, pour en réu­ti­li­ser les che­mi­ses, et à cause du volume énorme qu’ils occu­paient. PMF impo­sait en effet à ses col­la­bo­ra­teurs de répon­dre dans les délais les plus brefs à chaque lettre, de quel­que nature qu’elle fût et de quel­que cor­res­pon­dant qu’elle pro­vînt (sauf si la lettre était par­ti­cu­liè­re­ment inju­rieuse). De même, tout ordre don­nait lieu à une note, qu’il s’agît de pren­dre un rendez-vous ou de chan­ger une ampoule. Régulièrement, il se fai­sait pré­sen­ter le dos­sier chro­no­lo­gi­que des let­tres et notes ; si l’une d’entre elles n’avait pas eu de suite, il fai­sait relan­cer le « cou­pa­ble » en des termes de plus en plus durs. En revan­che, d’une manière géné­rale, une lettre à laquelle on avait apporté une réponse ne l’inté­res­sait plus. Quand une cor­res­pon­dance était clas­sée, c’était donc sou­vent sous le mode ver­ti­cal, du moins au bout d’un cer­tain temps.

C’est au moment de son pas­sage au gou­ver­ne­ment Guy Mollet, en 1956, que Pierre Mendès France cons­ti­tua un fonds d’archi­ves sur son expé­rience gou­ver­ne­men­tale de 1954-1955, en fai­sant extraire des archi­ves d’Etat les copies des docu­ments jugés les plus inté­res­sants, et en deman­dant à ses col­la­bo­ra­teurs de lui remet­tre ceux qu’ils déte­naient. Cet ensem­ble fut classé en dos­siers thé­ma­ti­ques qu’il enri­chit par la suite pour les tenir à jour quand ils demeu­raient d’actua­lité (cas, par exem­ple, des dos­siers Algérie), et pour répon­dre aux atta­ques contre la poli­ti­que qu’il avait menée. A partir des années soixante, PMF prêta cer­tai­nes de ces pièces, habi­tuel­le­ment dépo­sées dans sa maison de Louviers, à des cher­cheurs et à des jour­na­lis­tes.

PMF prêta une atten­tion gran­dis­sante au sort de ses archi­ves à mesure qu’il se rap­pro­cha du terme de sa vie. Ainsi récu­péra-t-il des dos­siers de cor­res­pon­dance (période 1955-1958) chez Laurence Soudet, qui les avait conser­vés. En 1970, il donna aux Archives dépar­te­men­ta­les de l’Eure 25 lias­ses rela­ti­ves à ses acti­vi­tés poli­ti­ques dans ce dépar­te­ment (3,5 mètres linéai­res).

Après son décès, sa biblio­thè­que poli­ti­que, ses 150 albums pho­to­gra­phi­ques et les ori­gi­naux des films le concer­nant sont reve­nus à ses fils Michel et Bernard. Marie-Claire, sa seconde épouse, a conservé les archi­ves sono­res. Les autres docu­ments (archi­ves, biblio­thè­que économique) ont été dépo­sés à l’Institut Pierre-Mendès-France en vue de pré­pa­rer les œuvres dites « com­plè­tes » (parues chez Gallimard). Ils y sont restés depuis lors. En 1999, M.-C. Mendès-France a donné à l’Institut l’ensem­ble des docu­ments sono­res et audio­vi­suels qu’elle déte­nait, et déposé 15 boîtes d’archi­ves qu’elle avait gar­dées. Michel Mendès-France a exprimé le désir de donner la biblio­thè­que poli­ti­que de son père, ainsi que les films en sa pos­ses­sion. Récemment, d’anciens col­la­bo­ra­teurs ou sym­pa­thi­sants de PMF ont enri­chi les col­lec­tions de l’Institut par leurs dons : Gabriel Ardant, Pierre Avril, Georges Bourdat, Alain Gourdon, Jean Lacouture, Jacques Legré, Paul Martinet, Harris Puisais, Nicole Rodrigues, Pierre Soudet. Après leur tri par son épouse, les archi­ves de Jean-Jacques Servan-Schreiber vont être elles aussi don­nées à l’Institut (fort volu­mi­neu­ses, elles ris­quent néan­moins de déce­voir un peu, car des pans entiers ont été perdus lors de démé­na­ge­ments). Le ver­se­ment d’autres fonds est promis.

Depuis 1997, un reclas­se­ment géné­ral de ces archi­ves - qui n’ont peut-être pas tou­jours été trai­tées comme elles auraient dû l’être - a été entre­pris, afin notam­ment de res­ti­tuer l’ordre voulu par PMF, et des inven­tai­res ana­ly­ti­ques détaillés, per­met­tant la recher­che de mots-clefs en hyper­texte, sont dres­sés.

2. Les fonds

2. 1. Le fonds Pierre Mendès France (567 boîtes)
Pour l’ins­tant, le fonds le plus impor­tant est de très loin celui de Pierre Mendès-France, qui demeure sous-exploité (par exem­ple, aucune maî­trise ou thèse n’a été consa­crée à l’économiste que fut PMF !), peut-être à cause de la déno­mi­na­tion trom­peuse des « œuvres com­plè­tes » parues chez Gallimard. Ces archi­ves inté­res­sent sur­tout les cher­cheurs tra­vaillant sur la déco­lo­ni­sa­tion, le Parti radi­cal, l’his­toire de la gauche, et, bien évidemment, sur PMF.

La biblio­thè­que compte envi­ron 2 300 réfé­ren­ces (livres et lit­té­ra­ture grise) et des revues. Sans comp­ter les cou­pu­res de presse, les archi­ves ont été esti­mées à 250 000 pages. Elles se divi­sent en 5 ensem­bles :

- le fonds sonore et audio­vi­suel : il est com­posé de dis­ques, bandes magné­ti­ques, films, cas­set­tes audio et vidéo consa­crés en géné­ral à PMF (inven­taire, 72 p.) ; le manque de per­son­nel limite mal­heu­reu­se­ment la col­lecte de nou­veaux témoi­gna­ges ;
- les 15 dos­siers E 1 rela­tifs à la vie publi­que et privée de PMF : ils ne sont consul­ta­bles que sur déro­ga­tion excep­tion­nelle, accor­dée par Michel Mendès-France ;
- les dos­siers thé­ma­ti­ques (121 boîtes) : les titres, donnés par PMF, indi­quent leur contenu ; à part « Dévaluation 1948 » (2 boîtes), « Communistes » (1, sur des polé­mi­ques de 1946-1951), « Déplacements » et « Voyages » (4, pério­des 1955-1957 et 1961-1962), « Discours » (7, 1932-1971), « Afrique du Nord. Gouvernement Guy Mollet » (1, 1956 ; inven­to­rié), « Parti radi­cal » (13, 1955-1957), « Israël-Moyen Orient » (3, 1955-1982), « Associations » (1), Grenoble (27 boîtes, 1966-1973) et « Courrier de la République » (4, sur les revues de PMF), les autres dos­siers concer­nent son gou­ver­ne­ment de 1954-1955, actua­li­sés avec des pièces pos­té­rieu­res à 1955 : « Cabinet » (2 inven­to­riés), « Indochine » (9), « Algérie » (14, inven­taire en cours), « Tunisie » (5 inven­to­riés), « Maroc » (3 inven­to­riés), « T.O.M./U.F. » (2 inven­to­riés), « Comptoirs de l’Inde » (1 inven­to­rié), « Grands Moulins de Dakar » (1 inven­to­rié), « Relations inter­na­tio­na­les/Fezzan » (1 inven­to­rié), « C.E.D. » (2), « Accords de Paris » (2), « Europe » (1 inven­to­rié), « Atome » (1), « Défense natio­nale » (3), « Economie » (4), « Presse » (1), « Diffamations » (2), « Questions socia­les » (1), « Affaire des fuites » (2), « Education natio­nale, jeu­nesse, sports » (1) ;
- les dos­siers chro­no­lo­gi­ques et de revue de presse (149 boîtes + 63) clas­sés par ordre chro­no­lo­gi­que, regrou­pent jour­naux et revues concer­nant PMF, y com­pris les dou­bles ; PMF y a par­fois placé des textes de dis­cours, quel­ques rap­ports, let­tres et docu­ments divers ;
- les dos­siers cor­res­pon­dance (219 boîtes) se divi­sent en deux sous-ensem­bles : la « cor­res­pon­dance chro­no­lo­gi­que » (41 boîtes) qui com­porte les pelu­res des let­tres et notes de PMF, de juillet 1961 à octo­bre 1982, avec quel­ques lacu­nes et la « cor­res­pon­dance alpha­bé­ti­que » (178 boîtes) qui com­prend les let­tres envoyées à PMF et les répon­ses, clas­sées par ordre alpha­bé­ti­que de des­ti­na­taire (une liste a été établie, ainsi qu’envi­ron 300 p. d’inven­tai­res de quel­ques dos­siers par D. Franche) ; les dos­siers alpha­bé­ti­ques com­men­cent en 1967-1968, à l’excep­tion d’échanges remon­tant à 1955-1958 et de quel­ques per­son­na­li­tés (G. Ardant, F. Giroud, J.-J. Servan-Schreiber).

2. 2. Les fonds et dons d’anciens col­la­bo­ra­teurs et sym­pa­thi­sants

- Gabriel Ardant : en cours de clas­se­ment ; ce sont essen­tiel­le­ment les manus­crits de ses livres ;
- Pierre Avril (1 boîte) : pho­to­co­pies d’un chrono concer­nant la revue Les Cahiers de la République (sep­tem­bre 1960-juin 1962) ;
- Georges Bourdat, ancien chef de cabi­net de PMF (9 boîtes) : pièces de 1955-1982 concer­nant notam­ment le gou­ver­ne­ment PMF, l’Algérie, la vie poli­ti­que dans l’Eure (inven­to­rié) ;
- Alain Gourdon (1 boîte) : papiers divers, en par­ti­cu­lier des échanges de let­tres du député Pierre Naudet avec PMF (1955-1956) à propos du Parti radi­cal (inven­to­rié) ;
- Jean Lacouture (2 boîtes) : papiers pré­pa­ra­toi­res à la bio­gra­phie de PMF, avec ses remar­ques ;
- Jacques Legré (7 boîtes) : pièces très inté­res­san­tes sur le Parti radi­cal à la fin des années cin­quante, et sur l’iti­né­raire des jeunes men­dé­sis­tes (inven­to­rié) ;
- Paul Martinet, ancien secré­taire de PMF (4 boîtes) : docu­ments comp­ta­bles, notes diver­ses, pièces rela­ti­ves aux pré­si­den­tiel­les de 1969 ;
- Harris Puisais (5 boîtes) : docu­ments très divers, et mal­heu­reu­se­ment très lacu­nai­res, sur le P.S.U., la cons­ti­tu­tion de l’union de la gauche, Tribune socia­liste, l’anti­sé­mi­tisme en U.R.S.S. (inven­to­rié) ;
- Nicole Rodrigues (1 boîte) : concerne sur­tout le Parti radi­cal en 1956-1958 et le C.A.D. (inven­to­rié) ;
- Pierre Soudet (5 boîtes) : pièces de 1956-1957 rela­ti­ves à la loi-cadre et à l’Algérie (inven­to­rié).

3. L’accès aux fonds

Sauf dans le cas très par­ti­cu­lier des dos­siers E 1, M.-C. Mendès-France a décidé que toutes les archi­ves sont acces­si­bles sans auto­ri­sa­tion par­ti­cu­lière.

Dominique Franche

2001

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