Association des archivistes francais
 

Communiqué de presse amendé sur le projet de loi d’archives

Le 24 avril 2008

L’ASSOCIATION DES ARCHIVISTES FRANÇAIS SE PRONONCE SUR LE PROJET DE LOI D’ARCHIVES

jeudi 24 avril 2008
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L’Association des Archivistes fran­çais se féli­cite que le pro­jet de loi sur les archi­ves ait été adopté en pre­mière lec­ture à l’una­ni­mité par le Sénat. Néanmoins, à l’heure où le texte va être exa­miné par l’Assemblée natio­nale, elle sou­haite rap­pe­ler les prin­ci­pes aux­quels les pro­fes­sion­nels des archi­ves, tous sec­teurs confon­dus, sont atta­chés.

L’AAF regrette qu’une étude d’impact n’ait pas été menée qui aurait per­mis d’évaluer les consé­quen­ces de l’appli­ca­tion du nou­veau texte sur le fonc­tion­ne­ment des ser­vi­ces d’archi­ves publics.

Ainsi :
- L’AAF confirme la néces­sité d’un régime d’accès libé­ra­lisé aux docu­ments et aisé­ment appli­ca­ble. Si le prin­cipe de com­mu­ni­ca­tion immé­diate pro­posé dans le nou­veau texte cons­ti­tue une avan­cée, en revan­che le délai de 75 ans cor­res­pon­dant à la mise en cause de la vie pri­vée repré­sente un recul. L’AAF sou­haite que l’Assemblée natio­nale suive les recom­man­da­tions du rap­por­teur du pro­jet de loi qui pro­pose un délai de 50 ans (amen­de­ment n°8).

- L’AAF sou­haite également que soit reconsi­déré le prin­cipe de non-com­mu­ni­ca­bi­lité per­ma­nente de cer­tains docu­ments, et que soit plu­tôt appli­qué à ceux-ci la pro­cé­dure de clas­si­fi­ca­tion, voire un délai pou­vant aller jusqu’à cent ans.

- Elle attire en outre l’atten­tion du légis­la­teur sur les dif­fi­cultés pra­ti­ques d’appli­ca­tion de la loi pour les ser­vi­ces d’état civil (sol­li­ci­ta­tions accrues du public sans que soient pré­vues les condi­tions d’accès à des actes qui auront encore une uti­lité admi­nis­tra­tive).

- L’AAF prend bonne note de la prise en compte du carac­tère public des archi­ves déci­sion­nel­les et poli­ti­ques.

- L’obli­ga­tion de ver­se­ment des docu­ments poli­ti­ques et admi­nis­tra­tifs à carac­tère public dans un dépôt d’archi­ves publi­ques devrait être obser­vée dans tous les cas. De ce point de vue, l’AAF n’approuve pas qu’une auto­no­mie ait été confé­rée aux assem­blées (Assemblée natio­nale et Sénat), dis­po­si­tion para­doxale quand on sait que l’ori­gine des Archives natio­na­les se trouve dans cel­les de l’Assemblée natio­nale.

- L’AAF aurait sou­haité une prise en compte plus claire et plus concrète des archi­ves électroniques qui per­met­trait d’ancrer le texte dans l’évolution des pra­ti­ques de gou­ver­ne­ment et d’admi­nis­tra­tion, et des contex­tes de pro­duc­tion des docu­ments.

- En ce qui concerne les archi­ves des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les, l’AAF pré­co­nise :

  • l’obligation pour les régions d’assumer la responsabilité de la gestion et de la conservation de leurs archives ;
  • la reconnaissance des archives de l’intercommunalité qui permettrait d’améliorer la couverture archivistique du territoire.

- Enfin, en ce qui concerne la dis­pa­ri­tion de la notion d’ « entre­prise publi­que », qui ne cor­res­pond en effet pas à une forme sta­tu­taire d’entre­prise, l’AAF insiste pour que les archi­ves d’entre­prise fas­sent l’objet d’une réelle atten­tion de la part de l’Etat, tant dans le cadre du contrôle scien­ti­fi­que et tech­ni­que pour les archi­ves publi­ques que dans celui de la sau­ve­garde des archi­ves pri­vées en France.

Contact : secre­ta­riat@ar­chi­vis­tes.org et tél : 01-46-06-39-44

Consultez le com­mu­ni­qué du 3 avril 2008
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