Association des archivistes francais
 

Projet de loi DADVSI : Lettre du président de l’AAF au ministre de la Culture et de la Communication

lundi 16 janvier 2006
 

Monsieur Renaud DONNEDIEU de VABRES
Ministre de la Culture et de la Communication
à l’atten­tion de M. Olivier BOSC, conseiller tech­ni­que



Paris, le 11 jan­vier 2006



Monsieur le minis­tre,


L’Association des Archivistes fran­çais (AAF), qui repré­sente l’immense majo­rité des archi­vis­tes en France s’inter­roge sur vos récen­tes décla­ra­tions devant la repré­sen­ta­tion natio­nale le 21 décem­bre 2005, à l’occa­sion des débats sur le pro­jet de loi DADVSI.

En effet, alors que trois par­le­men­tai­res pro­po­saient, par un amen­de­ment, d’étendre aux archi­ves, cen­tres de docu­men­ta­tion et espa­ces cultu­rels mul­ti­mé­dia la liste des établissements ouverts au public béné­fi­ciant d’une excep­tion aux droits exclu­sifs en faveur des per­son­nes han­di­ca­pées, vous êtes inter­venu pour deman­der le retrait des ser­vi­ces d’archi­ves de la liste des orga­nis­mes agréés au motif que « leur voca­tion pre­mière est d’assu­rer la conser­va­tion des œuvres, plu­tôt que leur dif­fu­sion ».

Si nous avons bien com­pris la posi­tion offi­cielle ainsi expri­mée :

- les ser­vi­ces d’archi­ves publics ne devraient plus rece­voir de cher­cheurs, d’ensei­gnants, de généa­lo­gis­tes, de pro­duc­teurs d’œuvres péda­go­gi­ques, de han­di­ca­pés.

- les ser­vi­ces d’archi­ves publics ne devraient plus conser­ver de fonds d’archi­ves lit­té­rai­res, musi­ca­les, ico­no­gra­phi­ques.

- les ser­vi­ces d’archi­ves publics devraient arrê­ter les pro­jets, enga­gés depuis 10 ans, de numé­ri­sa­tion et de mise en ligne des fonds d’archi­ves, soit dans nos sal­les de lec­ture, soit sur site web.

L’AAF rap­pelle au contraire que la com­mu­ni­ca­tion, la dif­fu­sion et la valo­ri­sa­tion font par­tie des mis­sions essen­tiel­les des ser­vi­ces d’archi­ves. La seule conser­va­tion sans objec­tif de dif­fu­sion nous paraît cor­res­pon­dre à une pré­sen­ta­tion insuf­fi­sante de nos mis­sions contraire à la poli­ti­que que vous met­tez en œuvre, en par­ti­cu­lier avec la grande réa­li­sa­tion de Pierrefitte.

L’Association des archi­vis­tes fran­çais est en mesure de démon­trer la place qu’occu­pent les ser­vi­ces d’archi­ves dans l’offre cultu­relle de proxi­mité.

En effet, les archi­ves en France en 2004, ce sont :

- plus de 300 000 lec­teurs dans les sal­les de consul­ta­tion et de recher­che, le dou­ble avec les consul­ta­tions en ligne.

- près de 4, 5 mil­lions de docu­ments com­mu­ni­qués, sous toute forme et tout sup­port.

L’Association des archi­vis­tes fran­çais consi­dè­re­rait comme une mar­que de reconnais­sance de l’acti­vité des archi­vis­tes que les archi­ves se voient inté­grées au régime d’excep­tion voté lors de l’adop­tion de l’amen­de­ment sur les per­son­nes han­di­ca­pées, et qu’elles soient d’une façon géné­rale consi­dé­rées lors des débats pour ce qu’elles sont : des établissements de dif­fu­sion cultu­relle, au même titre que les biblio­thè­ques, cen­tres de docu­men­ta­tion et espa­ces cultu­rels mul­ti­mé­dia...

Confiant dans le sou­tien que vous appor­tez aux métiers des archi­ves, et plus par­ti­cu­liè­re­ment à notre Association, je vous prie d’agréer, Monsieur le minis­tre, avec les vœux de l’AAF pour 2006, l’expres­sion de ma haute consi­dé­ra­tion.


Henri ZUBER
Président de l’AAF

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