La Gazette des archives n° 256 (2019-4)

La Francophonie des archives. Expertise, coopération, partage

Rédaction de la Gazette des archives   jeudi 23 avril 2020
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La Francophonie des archi­ves ne repose pas tou­jours sur un pro­gramme concerté, mais dépend lar­ge­ment d’ini­tia­ti­ves par­ti­cu­liè­res. Le tour du monde que pro­pose ce numéro – de l’Amérique du Nord à l’Asie en pas­sant par l’Afrique sub­sa­ha­rienne – révèle l’extrême richesse de l’enga­ge­ment des acteurs et le rôle que joue une « archi­vis­ti­que à la fran­çaise » vita­li­sée par la coo­pé­ra­tion et les col­la­bo­ra­tions inter­na­tio­na­les.
En effet, le réseau des Archives en France, qu’il soit ins­ti­tu­tion­nel, uni­ver­si­taire ou asso­cia­tif, exerce régu­liè­re­ment ses com­pé­ten­ces tech­ni­ques et scien­ti­fi­ques hors des fron­tiè­res. La Gazette des archi­ves a déjà ouvert ses pages à plu­sieurs facet­tes de ce tra­vail extra­ter­ri­to­rial, mais n’y avait encore jamais consa­cré un numéro entier.
On décou­vrira l’influence fran­çaise dans le domaine des normes et des métho­des, les échanges pro­fes­sion­nels et les ren­contres de ter­rain menés sous l’égide de diver­ses ins­ti­tu­tions et, enfin, des expé­rien­ces de mémoire par­ta­gée numé­ri­que.

Ce numéro a été coor­donné par Brigitte Guigueno et Odile Welfelé, res­pec­ti­ve­ment char­gée de la poli­ti­que des publics et char­gée de la coo­pé­ra­tion archi­vis­ti­que inter­na­tio­nale au Service inter­mi­nis­té­riel des Archives de France.

La Société des amis des Archives de France (SAAF) a financé la publi­ca­tion de 95 exem­plai­res sup­plé­men­tai­res, des­ti­nés à valo­ri­ser ce numéro dans les ins­ti­tu­tions fran­co­pho­nes à l’inter­na­tio­nal. L’AAF remer­cie la SAAF pour son sou­tien.

SOMMAIRE

- Avant-propos, par Brigitte GUIGUENO et Odile WELFELÉ

- L’action inter­na­tio­nale à l’Association des archi­vis­tes fran­çais, par Pierre-Frédéric BRAU, avec la col­la­bo­ra­tion de Myriam FAVREAU et Dominique NAUD

Normes, prin­ci­pes et métho­des : l’influence fran­çaise

- Normes inter­na­tio­na­les et influence fran­çaise, par Claire SIBILLE-DE GRIMOÜARD

- Le rôle de la France dans la règle­men­ta­tion euro­péenne : l’exem­ple du règle­ment géné­ral sur la pro­tec­tion des don­nées (RGPD), par Marie RANQUET et Aude RŒLLY

- Architecture d’archi­ves : points de vue et images de France, par France SAÏE-BELAÏSCH

- « Le char­tiste et les colo­nies » : le modèle archi­vis­ti­que fran­çais en Indochine, par Olivia PELLETIER

- « Se priver d’archi­ves, c’est se priver de mémoire » : la dua­lité cen­tral/local du fonds de l’Afrique occi­den­tale fran­çaise (AOF), par Fabienne CHAMELOT

Expériences croi­sées

- Le stage tech­ni­que inter­na­tio­nal d’archi­ves, entre per­ma­nence et chan­ge­ments, péren­nité et évolutions, par Jean-Pierre DEFRANCE, Françoise LEMAIRE et Odile WELFELÉ

- L’École natio­nale des char­tes à l’inter­na­tio­nal, par Michelle BUBENICEK

- L’action inter­na­tio­nale de l’Institut natio­nal du patri­moine : stra­té­gie glo­bale et stages des élèves conser­va­teurs, par Pauline CHASSAING, Christian HOTTIN et Daniel PERRIER

- De la contri­bu­tion des archi­vis­tes fran­çais au Portail inter­na­tio­nal archi­vis­ti­que fran­co­phone (PIAF), par Caroline BECKER et Didier GRANGE

- Le Conseil inter­na­tio­nal des archi­ves, un acteur de la Francophonie archi­vis­ti­que, par Odile WELFELÉ

- Venir étudier en France : mémento pra­ti­que, par Bénédicte GRAILLES

Sur le ter­rain

- Une expé­rience sin­gu­lière : les archi­vis­tes béné­vo­les d’AsF-France, par Christine MARTINEZ, Danièle NEIRINCK, Cécile LOMBARD, Véronique PARMENTIER et Vincent BOULLY

- Retour de Russie : impres­sions de quatre semai­nes d’ensei­gne­ment archi­vis­ti­que à Moscou (2016-2019), par Édouard BOUYÉ

- Quatre jours à Malabo : mis­sion d’ensei­gne­ment d’archi­vis­ti­que en Guinée équatoriale, par Christine LANGÉ

- Accompagner la réor­ga­ni­sa­tion d’un ser­vice d’Archives natio­na­les : une mis­sion d’assis­tance et de projet aux Archives natio­na­les de la République isla­mi­que de Mauritanie, par Nicolas DOHRMANN

- Un voyage archi­vis­ti­que au Vietnam, par Amélie HUREL

Mémoire par­ta­gée, patri­moine numé­ri­que

- Un patri­moine (numé­ri­que) commun : par­tage bila­té­ral des archi­ves colo­nia­les publi­ques belges rela­ti­ves au Rwanda, par Luis Angel BERNARDO Y GARCIA et Pierre-Alain TALLIER

- Un péri­ple mou­ve­menté : numé­ri­sa­tion des docu­ments d’archi­ves des auto­ri­tés colo­nia­les alle­man­des du Cameroun, par Andrea HÄNGER et Sabine HERRMANN

- La « folle entre­prise » du por­tail commun Archives Canada France : quinze ans déjà, par Louis-Gilles PAIRAULT et Julie ROY

- Les Archives d’Arolsen : la réin­ven­tion d’une ins­ti­tu­tion inter­na­tio­nale dédiée à la mémoire des vic­ti­mes du nazisme, par Lucile CHARTAIN

- La valo­ri­sa­tion du patri­moine archi­vis­ti­que fran­çais à l’étranger à tra­vers les Archives diplo­ma­ti­ques fran­çai­ses, par Isabelle RICHEFORT

- Mémoire du monde d’images et de sons à l’Institut natio­nal de l’audio­vi­suel (INA), par Christine BRAEMER, Agnès MAGNIEN et Delphine WIBAUX


RÉSUMÉS DES ARTICLES

- Avant-propos, par Brigitte GUIGUENO et Odile WELFELÉ

- L’action inter­na­tio­nale à l’Association des archi­vis­tes fran­çais, par Pierre-Frédéric BRAU, avec la col­la­bo­ra­tion de Myriam FAVREAU et Dominique NAUD

Normes, prin­ci­pes et métho­des : l’influence fran­çaise

- Normes inter­na­tio­na­les et influence fran­çaise, par Claire SIBILLE-DE GRIMOÜARD

La nor­ma­li­sa­tion, si elle a encore une dimen­sion hexa­go­nale, se cons­truit de plus en plus au niveau inter­na­tio­nal. Depuis la fin des années 1990, la com­mu­nauté archi­vis­ti­que fran­çaise s’est pro­gres­si­ve­ment impli­quée dans le pro­ces­sus de nor­ma­li­sa­tion à l’échelle inter­na­tio­nale, cons­ciente que la par­ti­ci­pa­tion à des grou­pes d’experts venant du monde entier est l’occa­sion de croi­ser les pra­ti­ques mais aussi de valo­ri­ser l’archi­vis­ti­que fran­çaise et ses spé­ci­fi­ci­tés. La diver­sité des pro­jets en cours et des domai­nes inves­tis mon­trent que la France, de spec­ta­trice, est deve­nue contri­bu­trice, voire actrice, de l’appa­reil nor­ma­tif à l’inter­na­tio­nal. Rejoindre les comi­tés et ins­tan­ces de nor­ma­li­sa­tion offre la pos­si­bi­lité d’influen­cer et de diri­ger les bonnes pra­ti­ques inter­na­tio­na­les en inte­ra­gis­sant avec des pro­fes­sion­nels et des idées du monde entier.

- Le rôle de la France dans la règle­men­ta­tion euro­péenne : l’exem­ple du règle­ment géné­ral sur la pro­tec­tion des don­nées (RGPD), par Marie RANQUET et Aude RŒLLY

Le droit euro­péen a de plus en plus sou­vent de l’influence sur le droit fran­çais, dans le domaine des archi­ves notam­ment. Le rôle des Archives de France consiste dès lors, non plus seu­le­ment à faire enten­dre leur voix au niveau natio­nal, mais à faire en sorte que leur posi­tion puisse être relayée dans les ins­tan­ces en charge de l’élaboration des textes euro­péens. Dans le cadre de la négo­cia­tion du RGPD, qui a duré de 2012 à 2016, la France a porté une voix qui a tou­jours pris en compte les préoc­cu­pa­tions des archi­vis­tes.

- Architecture d’archi­ves : points de vue et images de France, par France SAÏE-BELAÏSCH

La France pos­sède une réelle connais­sance sur les bâti­ments d’archi­ves, bâti­ments spé­ci­fi­ques, tout à fait inté­res­sants sur le plan fonc­tion­nel et archi­tec­tu­ral, qui ont depuis des années sol­li­cité l’ima­gi­na­tion des archi­vis­tes et des archi­tec­tes. Il était donc logi­que que cela fasse l’objet de nom­breux échanges inter­na­tio­naux. Les deux exem­ples cités ici avec la ville de Barcelone et avec le Maroc en témoi­gnent.

- « Le char­tiste et les colo­nies » : le modèle archi­vis­ti­que fran­çais en Indochine, par Olivia PELLETIER

Les archi­ves pro­dui­tes par l’admi­nis­tra­tion fran­çaise en Indochine ne connais­sent pas vrai­ment d’orga­ni­sa­tion, malgré quel­ques ten­ta­ti­ves avor­tées, avant 1917. À cette date Paul Boudet, archi­viste paléo­gra­phe et membre de l’École fran­çaise d’Extrême-Orient, est chargé d’orga­ni­ser une direc­tion des Archives et des biblio­thè­ques par le gou­ver­neur géné­ral Albert Sarraut, dési­reux de moder­ni­ser l’admi­nis­tra­tion indo­chi­noise. Pendant plus de trente ans à la tête de cette direc­tion, Paul Boudet va établir un réseau d’archi­ves dans les trois ter­ri­toi­res (Vietnam, Cambodge, Laos), impo­ser une méthode de clas­se­ment ins­pi­rée de celle de la métro­pole mais adap­tée au contexte indo­chi­nois, former deux cents archi­vis­tes issus des cadres locaux et cons­truire ou faire agran­dir des bâti­ments adap­tés. La moder­nité de la démar­che de Paul Boudet consiste à envi­sa­ger la ges­tion des archi­ves dans leur glo­ba­lité, pre­nant en compte à la fois leur trai­te­ment intel­lec­tuel et leurs condi­tions maté­riel­les de conser­va­tion. À la tête d’une équipe de conser­va­teurs issus de l’École natio­nale des char­tes, il implante en Indochine une méthode qui permet d’inté­grer dans un cadre de clas­se­ment unique des archi­ves his­to­ri­ques et des archi­ves cou­ran­tes pro­dui­tes par des ser­vi­ces admi­nis­tra­tifs en cons­tante muta­tion. L’acti­vité de la DABI, à la fois ser­vice cen­tra­li­sa­teur et organe de contrôle, connaît un cons­tant déve­lop­pe­ment jusqu’en mars 1945. Dans le contexte de l’après-guerre et dans le cadre des accords signés en 1950 avec les nou­veaux États, au sein de l’Union fran­çaise, Ferréol de Ferry, qui a rem­placé Paul Boudet à la tête des archi­ves et des biblio­thè­ques en 1948, va mener les négo­cia­tions au sein des com­mis­sions mises en place suite aux accords de par­tage de mars 1949 avec les gou­ver­ne­ments sud-viet­na­mien et cam­bod­gien. Les débats ont permis l’émergence de deux notions défi­nies pour la pre­mière fois en contexte de déco­lo­ni­sa­tion : les archi­ves dites de sou­ve­rai­neté et les archi­ves dites de ges­tion. Les pre­miè­res, trans­fé­rées en France entre 1950 et 1955 sont aujourd’hui conser­vées aux Archives natio­na­les d’outre-mer à Aix-en-Provence. Elles sont le com­plé­ment néces­saire des col­lec­tions res­tées sur place au Vietnam, au Cambodge et au Laos.

- « Se priver d’archi­ves, c’est se priver de mémoire » : la dua­lité cen­tral/local du fonds de l’Afrique occi­den­tale fran­çaise (AOF), par Fabienne CHAMELOT

Le fonds Afrique occi­den­tale fran­çaise (AOF) cons­ti­tue l’excep­tion à la règle de par­tage entre « archi­ves de sou­ve­rai­neté » et « archi­ves de ges­tion » appli­quée dans les autres colo­nies ou ex-colo­nies fran­çai­ses aux indé­pen­dan­ces. Si cette règle de par­tage émerge expli­ci­te­ment au moment des indé­pen­dan­ces, elle est liée à une pro­blé­ma­ti­que spé­ci­fi­que aux fonds colo­niaux des gou­ver­ne­ments géné­raux, à la fois admi­nis­tra­tions cen­tra­les et loca­les. Cette dua­lité, par consé­quent également portée par les fonds, reflète une réa­lité poli­ti­que et admi­nis­tra­tive de l’empire colo­nial fran­çais clivé autour de deux régi­mes anta­go­nis­tes, et contri­buera, avec d’autres fac­teurs, à la com­plexe et chao­ti­que tra­jec­toire des archi­ves en AOF. Jacques Charpy sera le pre­mier, dans les années 1950, à clas­ser ces fonds et à les rendre acces­si­bles en met­tant en œuvre une appro­che archi­vis­ti­que réa­liste et prag­ma­ti­que. Resté sur le ter­ri­toire séné­ga­lais, le fonds AOF attire désor­mais chaque année de nom­breux cher­cheurs aux Archives natio­na­les du Sénégal et reste l’occa­sion d’ini­tia­ti­ves conjoin­tes avec la France.

Expériences croi­sées

- Le stage tech­ni­que inter­na­tio­nal d’archi­ves, entre per­ma­nence et chan­ge­ments, péren­nité et évolutions, par Jean-Pierre DEFRANCE, Françoise LEMAIRE et Odile WELFELÉ

Le stage tech­ni­que inter­na­tio­nal d’archi­ves, créé par les Archives de France en 1951, contri­bue depuis près de soixante-dix ans au rayon­ne­ment de l’archi­vis­ti­que inter­na­tio­nale fran­co­phone. Au prix d’évolutions cons­tan­tes, il a reçu des géné­ra­tions d’archi­vis­tes fran­çais et étrangers du monde entier qui cons­ti­tuent un réseau pro­fes­sion­nel et humain riche et diver­si­fié. Pour com­pren­dre sa per­ma­nence, il est bon de com­pren­dre les pro­blé­ma­ti­ques récur­ren­tes à l’œuvre dans son mode de fonc­tion­ne­ment, d’orga­ni­sa­tion, péda­go­gi­que et maté­rielle. Quant à son avenir, il convien­dra de trou­ver des répon­ses actuel­les aux ques­tions qui ont condi­tionné sa créa­tion, les objec­tifs pour­sui­vis, les des­ti­na­tai­res visés, les par­te­na­riats indis­pen­sa­bles.

- L’École natio­nale des char­tes à l’inter­na­tio­nal, par Michelle BUBENICEK

Forte d’un nou­veau dis­po­si­tif admi­nis­tra­tif étroitement lié à la poli­ti­que de recher­che de l’établissement, l’École natio­nale des char­tes s’engage dans une série d’actions struc­tu­ran­tes à l’inter­na­tio­nal dans les domai­nes d’exper­tise qui sont les siens : les huma­ni­tés numé­ri­ques et com­pu­ta­tion­nel­les, les archi­ves et le patri­moine.

- L’action inter­na­tio­nale de l’Institut natio­nal du patri­moine : stra­té­gie glo­bale et stages des élèves conser­va­teurs, par Pauline CHASSAING, Christian HOTTIN et Daniel PERRIER

L’action inter­na­tio­nale est un des axes prio­ri­tai­res du déve­lop­pe­ment des mis­sions de l’INP. Elle concerne notam­ment les élèves, aussi bien les res­tau­ra­teurs que les conser­va­teurs. S’agis­sant de ces der­niers, tous accom­plis­sent un stage de sept semai­nes dans une ins­ti­tu­tion cultu­relle étrangère au cours de leur for­ma­tion, ce qui est une ori­gi­na­lité dans le pay­sage des écoles d’appli­ca­tion de la fonc­tion publi­que. Ce stage repré­sente un fort enjeu pour les élèves et le choix de son lieu d’accueil fait l’objet d’inten­ses dis­cus­sions. Les des­ti­na­tions sont varia­bles selon les spé­cia­li­tés. Les rap­ports de stage cons­ti­tuent une source d’un grand inté­rêt pour saisir les évolutions des poli­ti­ques cultu­rel­les au plan inter­na­tio­nal, dans la mesure où ils sont rédi­gés à partir d’une obser­va­tion directe et d’assez longue durée dans une ins­ti­tu­tion cor­res­pon­dant à la spé­cia­lité de chaque élève.

- De la contri­bu­tion des archi­vis­tes fran­çais au Portail inter­na­tio­nal archi­vis­ti­que fran­co­phone (PIAF), par Caroline BECKER et Didier GRANGE

La contri­bu­tion de la com­mu­nauté archi­vis­ti­que fran­çaise à la cons­truc­tion et au déve­lop­pe­ment du por­tail n’a jusqu’à pré­sent jamais été abor­dée de manière spé­ci­fi­que. Or, depuis 2005, date de lan­ce­ment du PIAF, l’apport fran­çais, que ce soit sur le plan humain, finan­cier ou intel­lec­tuel, est très consé­quent. Il expli­que en partie la lon­gé­vité et le succès de cette entre­prise qui n’a pas d’égale dans d’autres lan­gues. Les sta­tis­ti­ques du PIAF mon­trent que les consul­ta­tions dépas­sent les fron­tiè­res de la sphère fran­co­phone et que d’autres com­mu­nau­tés lin­guis­ti­ques uti­li­sent ce pro­duit qui se veut non seu­le­ment le reflet de la tra­di­tion archi­vis­ti­que fran­çaise mais aussi de tous les autres pays de la fran­co­pho­nie.

- Le Conseil inter­na­tio­nal des archi­ves, un acteur de la Francophonie archi­vis­ti­que, par Odile WELFELÉ

Héritier de struc­tu­res inter­na­tio­na­les de l’entre-deux-guer­res, le Conseil inter­na­tio­nal des archi­ves (ICA) est créé à Paris en juin 1948, sous l’égide de l’Unesco. Son orga­ni­sa­tion est d’emblée prise en charge par les Archives de France qui orga­ni­sent en 1950 le pre­mier Congrès inter­na­tio­nal des archi­ves à Paris. Dans les décen­nies sui­van­tes, nombre d’ini­tia­ti­ves et de pro­jets sont sou­te­nus ou portés par les archi­vis­tes fran­çais. Mais la place de la France au sein du Conseil semble avoir reculé depuis quel­ques années. Pour autant, la Francophonie reste bien repré­sen­tée au sein de l’ICA.

- Venir étudier en France : mémento pra­ti­que, par Bénédicte GRAILLES

Sur le ter­rain

- Une expé­rience sin­gu­lière : les archi­vis­tes béné­vo­les d’AsF-France, par Christine MARTINEZ, Danièle NEIRINCK, Cécile LOMBARD, Véronique PARMENTIER et Vincent BOULLY

En 2005, aux Archives de France, une poi­gnée d’archi­vis­tes fonde la bran­che fran­çaise d’AsF-International. Ils sou­hai­tent ainsi répon­dre à cer­tains besoins que des pays fran­co­pho­nes mani­fes­taient depuis quel­ques années et veu­lent aider l’Afrique en par­ti­cu­lier à conser­ver des archi­ves en voie de dis­pa­ri­tion ou en proie à des dom­ma­ges irré­ver­si­bles. Le modus ope­randi de l’asso­cia­tion est sim­plis­sime : envoi sur place d’archi­vis­tes pro­fes­sion­nels che­vron­nés répon­dant ponc­tuel­le­ment à la demande d’un État, d’une com­mu­nauté ou d’une entre­prise. Ces archi­vis­tes sont volon­tai­res, béné­vo­les, par­tent sur leur temps libre. Les valeurs qui sous-ten­dent cette créa­tion sont le res­pect des droits de l’homme, la néces­sité de donner à tous accès à l’infor­ma­tion dans le res­pect de l’iden­tité des peu­ples. Un cer­tain désir de pro­mou­voir l’archi­vis­ti­que fran­çaise n’est pas non plus absent de notre propos. Depuis, que ce soit à Cologne en 2009 pour répon­dre à l’appel de la muni­ci­pa­lité pour aider à retrou­ver dans les gra­vats d’un bâti­ment effon­dré des archi­ves des XIIe et XIIIe siè­cles, en Haïti depuis 2010 pour aider à recher­cher dans la boue et les ruines, à ras­sem­bler puis à iden­ti­fier les archi­ves ter­ri­ble­ment éprouvées par un vio­lent séisme au minis­tère des Affaires étrangères d’abord, au minis­tère de l’Agriculture ensuite, mais aussi au centre d’art (et notre action est loin d’être ter­mi­née), au Burkina Faso enfin depuis 2010 pour répon­dre à la demande du centre des Archives natio­na­les pour résor­ber les « pas­sifs » dans les minis­tè­res, élaborer et mettre en place une poli­ti­que natio­nale d’archi­vage, l’asso­cia­tion a tou­jours répondu pré­sent. Elle l’a fait aussi en Éthiopie à partir de 2005 pour aider à la sau­ve­garde des archi­ves du mythi­que train Addis-Abeba Djibouti, comme elle a secondé en 2018 l’action du SIAF à Brazzaville pour la pré­ser­va­tion et la valo­ri­sa­tion du patri­moine mémo­riel de la République du Congo.

- Retour de Russie : impres­sions de quatre semai­nes d’ensei­gne­ment archi­vis­ti­que à Moscou (2016-2019), par Édouard BOUYÉ

Deux fois par an, un archi­viste fran­çais va dis­pen­ser à Moscou un cours d’archi­vis­ti­que fran­co­phone d’une semaine. C’est l’occa­sion de pré­sen­ter la pra­ti­que archi­vis­ti­que fran­çaise, mais en par­tant d’exem­ples lit­té­rai­res, archi­vis­ti­ques ou patri­mo­niaux russes. Cette péda­go­gie par­ti­ci­pa­tive bute sur la ques­tion de la langue. Mais elle permet des échanges fruc­tueux, où l’archi­viste fran­çais en apprend autant, sinon plus, sur la Russie, que les étudiants russes sur l’archi­vis­ti­que fran­çaise.

- Quatre jours à Malabo : mis­sion d’ensei­gne­ment d’archi­vis­ti­que en Guinée équatoriale, par Christine LANGÉ

Une mis­sion de quatre jours d’ensei­gne­ment très géné­ra­liste de l’archi­vis­ti­que s’est dérou­lée à Malabo, capi­tale de la Guinée équatoriale, au sein du Conseil des recher­ches scien­ti­fi­ques et tech­no­lo­gi­ques (CICTE), équivalent de notre CNRS. Étant donné la briè­veté de la mis­sion, l’ensei­gne­ment a été voulu comme très géné­ra­liste, abon­dam­ment illus­tré pour ne pas lasser l’audi­toire, mais lais­sant également la place à des exer­ci­ces pra­ti­ques pour mieux assi­mi­ler les connais­san­ces basi­ques en archi­vis­ti­que, utiles pour la ges­tion des archi­ves au sein de l’orga­nisme.

- Accompagner la réor­ga­ni­sa­tion d’un ser­vice d’Archives natio­na­les : une mis­sion d’assis­tance et de projet aux Archives natio­na­les de la République isla­mi­que de Mauritanie, par Nicolas DOHRMANN

Une mis­sion d’assis­tance et de projet a été orga­ni­sée du 15 au 18 décem­bre 2013 aux Archives natio­na­les de Mauritanie. Réalisée en concer­ta­tion étroite avec la direc­tion et les per­son­nels des Archives natio­na­les, elle a permis de dres­ser un pre­mier état des lieux et d’établir un ensem­ble de pré­co­ni­sa­tions : redé­fi­ni­tion et ren­for­ce­ment du cadre juri­di­que, ren­for­ce­ment des moyens humains et maté­riels, pro­gram­ma­tion des opé­ra­tions de remise à niveau des fonds et des bâti­ments et enfin réflexion sur les modes de com­mu­ni­ca­tion. Cette mis­sion a été suivie en mars 2014 par le pas­sage en France du secré­taire géné­ral adjoint du gou­ver­ne­ment, ainsi que du direc­teur des Archives natio­na­les.

- Un voyage archi­vis­ti­que au Vietnam, par Amélie HUREL

En cons­ti­tuant l’oppor­tu­nité – sou­vent unique dans une car­rière de conser­va­teur du patri­moine – d’immer­sion dans un ser­vice patri­mo­nial étranger, le stage à l’étranger réa­lisé par les élèves conser­va­teurs au cours de leur for­ma­tion ini­tiale à l’Institut natio­nal du patri­moine est une expé­rience à la saveur bien par­ti­cu­lière. Ce témoi­gnage, résul­tat de sept semai­nes pas­sées à Hanoï au centre n° 1 des Archives natio­na­les du Vietnam, s’en veut la preuve, à la décou­verte d’un autre uni­vers archi­vis­ti­que, à la fois fami­lier et inconnu.

Mémoire par­ta­gée, patri­moine numé­ri­que

- Un patri­moine (numé­ri­que) commun : par­tage bila­té­ral des archi­ves colo­nia­les publi­ques belges rela­ti­ves au Rwanda, par Luis Angel BERNARDO Y GARCIA et Pierre-Alain TALLIER

Depuis sep­tem­bre 2018, la Belgique négo­cie avec le Rwanda un par­tage numé­ri­que bila­té­ral de ses archi­ves colo­nia­les publi­ques rela­ti­ves à l’admi­nis­tra­tion des ter­ri­toi­res du Ruanda-Urundi (1916-1962). Ces docu­ments sont conser­vés parmi les neuf kilo­mè­tres linéai­res et demi des archi­ves afri­cai­nes du minis­tère des Affaires étrangères qui sont en cours de trans­fert vers les Archives de l’État. La sélec­tion a été opérée à Bruxelles fin août 2019 par une délé­ga­tion d’experts rwan­dais afin de réa­li­ser à des­ti­na­tion de leurs auto­ri­tés une copie numé­ri­que des docu­ments qui sont libre­ment consul­ta­bles. Elle ne porte pas uni­que­ment sur les archi­ves dépla­cées à la veille de l’indé­pen­dance du Rwanda mais aussi sur les riches archi­ves colo­nia­les métro­po­li­tai­nes. Ce vaste et ambi­tieux chan­tier de dupli­ca­tion ren­voie à la sin­gu­la­rité des cas rwan­dais et burun­dais par rap­port au cas congo­lais en matière d’archi­ves dépla­cées. Il sou­lève en outre de nom­breux défis et écueils en matière poli­ti­que, diplo­ma­ti­que, juri­di­que, archi­vis­ti­que, voire éthique, mais cons­ti­tue aussi et sur­tout une oppor­tu­nité unique pour la cons­ti­tu­tion d’un patri­moine numé­ri­que commun – en cons­truc­tion per­ma­nente – dépas­sant le conten­tieux archi­vis­ti­que entre les deux pays.

- Un péri­ple mou­ve­menté : numé­ri­sa­tion des docu­ments d’archi­ves des auto­ri­tés colo­nia­les alle­man­des du Cameroun, par Andrea HÄNGER et Sabine HERRMANN

De 1884 à 1915/1919, le Cameroun a été une colo­nie alle­mande. L’arti­cle retrace le sort des docu­ments colo­niaux alle­mands au Cameroun après 1919. L’ana­lyse des pro­jets conjoints ger­mano-came­rou­nais de des­crip­tion et de micro­fil­mage met en évidence les enjeux et les pers­pec­ti­ves en Allemagne et au Cameroun. À partir des années 1980, dif­fé­rents fac­teurs – crises économiques et chan­ge­ments orga­ni­sa­tion­nels au Cameroun, réu­ni­fi­ca­tion de l’Allemagne – ont également influencé le trai­te­ment de l’héri­tage colo­nial. La numé­ri­sa­tion et la mise en ligne des fichiers colo­niaux en ont faci­lité l’accès dans le monde entier. Des appro­ches inno­van­tes s’effor­cent de sur­mon­ter les bar­riè­res de la langue et de l’ancienne écriture alle­mande. Il reste à com­plé­ter la numé­ri­sa­tion des dos­siers de l’époque colo­niale et à déve­lop­per une appro­che trans­fron­ta­lière pour mieux abor­der cette période his­to­ri­que.

- La « folle entre­prise » du por­tail commun Archives Canada France : quinze ans déjà, par Louis-Gilles PAIRAULT et Julie ROY

Lancé en 2003, le por­tail Nouvelle-France : Horizons nou­veaux reste à ce jour le plus grand projet de col­la­bo­ra­tion de la fran­co­pho­nie ayant trait à la dif­fu­sion du patri­moine archi­vis­ti­que commun du Canada et de la France. Cet arti­cle pro­pose de retra­cer briè­ve­ment son his­toire et son déve­lop­pe­ment, en exa­mi­nant quels ensei­gne­ments l’expé­rience de ce grand chan­tier numé­ri­que et patri­mo­nial, com­por­tant de mul­ti­ples défis, peut appor­ter à la com­mu­nauté archi­vis­ti­que fran­co­phone aujourd’hui.

- Les Archives d’Arolsen : la réin­ven­tion d’une ins­ti­tu­tion inter­na­tio­nale dédiée à la mémoire des vic­ti­mes du nazisme, par Lucile CHARTAIN

Depuis mai 2019, le Service inter­na­tio­nal de recher­ches, en charge de retra­cer les par­cours d’indi­vi­dus per­sé­cu­tés, dépor­tés ou dépla­cés en Allemagne pen­dant la Seconde Guerre mon­diale, est devenu Archives d’Arolsen. Cette nou­velle iden­tité sou­li­gne l’évolution récente de la struc­ture, qui s’ins­crit dans une opti­que d’ouver­ture et d’acces­si­bi­lité ren­for­cée aux don­nées pour des publics élargis. Elle témoi­gne aussi d’une inflexion archi­vis­ti­que et mémo­rielle de l’ins­ti­tu­tion. Cette évolution concerne tant les moda­li­tés de com­mu­ni­ca­tion des docu­ments que la valo­ri­sa­tion des col­lec­tions, et se tra­duit notam­ment par la mise en ligne expo­nen­tielle des docu­ments numé­ri­sés. Le pré­sent arti­cle inter­roge les enjeux de cette évolution : il pré­sente tout d’abord les objec­tifs du chan­ge­ment d’iden­tité ins­ti­tu­tion­nelle, avant d’expo­ser les enjeux tech­ni­ques, juri­di­ques et déon­to­lo­gi­ques de la publi­ca­tion en ligne d’une partie des fonds. Il détaille également le déve­lop­pe­ment des outils de com­mu­ni­ca­tion et de valo­ri­sa­tion des archi­ves. L’objec­tif, in fine, est d’expo­ser l’impact de ces évolutions conver­gen­tes sur le trai­te­ment du dos­sier Bad Arolsen aux Archives natio­na­les, et de ques­tion­ner la ges­tion col­la­bo­ra­tive de docu­ments ren­sei­gnant l’his­toire et la mémoire de la Seconde Guerre mon­diale à une échelle inter­na­tio­nale.

- La valo­ri­sa­tion du patri­moine archi­vis­ti­que fran­çais à l’étranger à tra­vers les Archives diplo­ma­ti­ques fran­çai­ses, par Isabelle RICHEFORT

Dans le cadre de ce numéro, trois types d’actions de la direc­tion des Archives du minis­tère de l’Europe et des Affaires étrangères ont retenu notre atten­tion. Au pre­mier rang de ces actions figure la réa­li­sa­tion d’expo­si­tions en par­te­na­riat à l’étranger, géné­ra­le­ment à l’ini­tia­tive des ambas­sa­des et des consu­lats de France. L’ins­tal­la­tion en 2009 des Archives diplo­ma­ti­ques à La Courneuve, où elles dis­po­sent d’ate­liers de res­tau­ra­tion et de numé­ri­sa­tion, leur a permis de répon­dre plus faci­le­ment qu’aupa­ra­vant aux sol­li­ci­ta­tions des postes diplo­ma­ti­ques et consu­lai­res, notam­ment à l’occa­sion de la com­mé­mo­ra­tion de gran­des dates de l’his­toire inter­na­tio­nale ou diplo­ma­ti­que. La valo­ri­sa­tion de cer­tai­nes pièces remar­qua­bles, rendue pos­si­ble grâce à des études scien­ti­fi­ques et tech­ni­ques, est un deuxième type d’action qui concourt au rayon­ne­ment de l’archi­vis­ti­que fran­çaise. Peuvent ainsi être citées l’orga­ni­sa­tion d’une expo­si­tion de pho­to­gra­phies du diplo­mate Ernest Bourgarel à Bogota en Colombie et l’étude d’une lettre adres­sée par le roi de Siam Rama IV à Napoléon III, sur feuille d’or, qui a donné lieu à des visi­tes orga­ni­sées en rela­tion avec l’ambas­sade de Thaïlande. Si la troi­sième action est ancienne puisqu’il s’agit de la publi­ca­tion des « Documents diplo­ma­ti­ques fran­çais », elle est actuel­le­ment en pleine évolution grâce aux pos­si­bi­li­tés offer­tes par le numé­ri­que qui leur don­nera une plus grande visi­bi­lité.

- Mémoire du monde d’images et de sons à l’Institut natio­nal de l’audio­vi­suel (INA), par Christine BRAEMER, Agnès MAGNIEN et Delphine WIBAUX

Créé en 1974, l’Institut natio­nal de l’audio­vi­suel a pour mis­sions la pré­ser­va­tion et la mise à dis­po­si­tion des archi­ves audio­vi­suel­les (archi­ves pro­fes­sion­nel­les des opé­ra­teurs de l’audio­vi­suel public, dépôt légal de la radio, de la télé­vi­sion et du Web média, dépôts patri­mo­niaux et com­mer­ciaux de fonds tiers) ainsi que la for­ma­tion aux métiers de l’audio­vi­suel. C’est la com­bi­nai­son de ces exper­ti­ses mises au ser­vice des archi­ves et des archi­vis­tes qui a permis la sau­ve­garde et la res­ti­tu­tion à l’huma­nité de fonds d’images et de sons de toutes pro­ve­nan­ces et en tous lieux de la pla­nète. Deux exem­ples de prise en charge de fonds ins­crits au regis­tre de la mémoire du monde de l’Unesco sont évoqués : le Noticiero de Cuba et les archi­ves du procès de Rivonia en Afrique du Sud.

Quatrième numéro de l’abonnement 2019

ISSN : 0016-5522

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