ISSN : [0016-5522]
Les frais d'expédition seront automatiquement calculés en fonction du poids du colis, lors de la dernière étape du processus de commande en ligne.
Ce tarif est réservé aux achats en France métropolitaine. Pour un achat en Outre-Mer ou à l’étranger, merci de nous contacter à secretariat@archivistes.org car le tarif et le montant des frais de port ne sont pas les mêmes.
Résumé
À l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, un vaste mouvement de collecte et de valorisation des archives sportives s’est amorcé. Inspirée par l’opération du centenaire de la Grande Guerre, la « Grande Collecte » des archives du sport a suscité dons, dépôts et numérisation de milliers de documents, révélant l’ampleur des traces laissées par le sport dans les institutions comme dans les trajectoires individuelles. Ce numéro propose de prolonger ce moment inédit en réunissant archivistes et historiens autour d’un même constat : jamais la mémoire sportive n’avait fait l’objet d’un tel bouillonnement archivistique.
Loin de se limiter à un simple bilan de cette collecte, les articles rassemblés ici explorent la diversité des sources accessibles, nouvelles ou déjà existantes – archives diplomatiques, photographies, fonds associatifs, documents privés – et interrogent les conditions de leur repérage, de leur conservation et de leur exploitation scientifique. Ils mettent aussi en évidence les difficultés spécifiques à ce domaine : rapport distancié des acteurs du sport à l’écrit, dispersion des fonds, urgence liée au caractère éphémère des événements…
En croisant expériences de terrain et réflexions historiographiques, ce dossier éclaire les enjeux d’un dialogue fécond entre producteurs, archivistes et chercheurs. Il invite à considérer le sport, au-delà du cadre ponctuel des Jeux de 2024, comme un objet d’histoire à part entière et comme un patrimoine documentaire en pleine redécouverte.
Coordination
– Lydiane Gueit-Montchal, directrice des Archives départementales d’Indre-et-Loire,
– Brigitte Guigueno, adjointe au sous-directeur du pilotage, de la communication et de la valorisation des archives au Service interministériel des Archives de France
– Sylvain Ville, maître de conférences en histoire du sport à l’université Picardie Jules-Verne.
Relation avec le comité de rédaction
Margot Georges
SOMMAIRE
Producteurs, archivistes et historiens : dialogue fécond autour des archives du sport
Lydiane Gueit-Montchal, Brigitte Guigueno et Sylvain Ville
Quelles archives pour l’histoire du sport ?
– De quelle diplomatie sportive parle-t-on ? Quand les actions de valorisation des fonds mettent à jour les formes de l’action diplomatique en matière de sport, par Sylvain Dufraisse et Éric Lechevallier
– L’himalayisme français au prisme des Archives diplomatiques (1950-1980). Une pratique décisive dans la construction des relations politiques entre la France et les états himalayens, par Romain Crunchant
– La photographie comme source pour l’histoire du sport : l’exemple du rugby, par Sylvie Bossy-Guérin
Les archives du sport comme « impensé »
– 2024, année olympique : une opportunité pour la collecte des archives des fédérations sportives délégataires, par Anne-Marie Bailloux et Cyprien Henry
– Pourquoi collecter et déposer les archives du Toulouse Olympique XIII ? Un projet en construction de sauvegarde de la mémoire d’un club de rugby à XIII, par Éric Castex et Nathalie Joubert
– Faire dialoguer les archives privées et les archives publiques. Étude de cas à partir des pratiques physiques aventureuses au second XXe siècle, par Arthur Malé
Les spécificités de la collecte de la mémoire sportive
– À vos marques, prêts… archivez ! La pratique archivistique et les archives publique à l’épreuve des jeux, par Enora Perronneau Saint-Jalmes
– Le Projet des ARchives du Sport aux Archives de la Charente : diversifier la collecte pour préserver l’histoire du sport charentais, par Lucile Garréta et David Guéné
– Complémentarité des archives publiques et privées dans l’histoire du sport rémois : exemple d’un club de basket féminin, par Carine Manigot et Céline Souëf
Varia
– Les Grandes Collectes : qu’en pensent les archivistes ?, par Manon Lasne, Valentin Laurent et Camille Pillot
– La reconnaissance automatique des écritures manuscrites dans le monde des archives, entre expérimentations et consolidation, par Loïc Bourges
RÉSUMÉ DES ARTICLES
Quelles archives pour l’histoire du sport ?
– De quelle diplomatie sportive parle-t-on ? Quand les actions de valorisation des fonds mettent à jour les formes de l’action diplomatique en matière de sport, par Sylvain Dufraisse et Éric Lechevallier
L’article présente deux actions de valorisation des Archives diplomatiques, en collaboration avec l’UFR STAPS de Nantes Université : d’une part, la septième édition du concours des jeunes ambassadeurs et ambassadrices consacrée aux Jeux olympiques de Mexico en 1968 et destinée à un public d’enseignants et de scolaires ; d’autre part, les actions menées pour les Nuits de la lecture « Jeux olympiques, jeux diplomatiques », pour un public d’amateurs éclairés. L’article montre comment l’exploration des fonds des Archives
diplomatiques, menée dans le cadre des recherches sur l’histoire de la « diplomatie sportive », a permis de mieux appréhender
l’action diplomatique de la France en matière de sport et de l’historiciser, et a croisé les deux projets de valorisation, résultats
de dynamiques locales et nationales. Il revient enfin sur les apports et les limites de la dynamique des Jeux olympiques pour la mise en valeur scientifique et culturelle de ces archives.
– L’himalayisme français au prisme des Archives diplomatiques (1950-1980). Une pratique décisive dans la construction des relations politiques entre la France et les états himalayens, par Romain Crunchant
Les Archives diplomatiques conservées à Nantes et à La Courneuve sont des sources précieuses pour
l’écriture de l’histoire de l’alpinisme français en Himalaya. Leur étude permet d’apporter un regard nouveau sur la manière dont s’organise une expédition sportive sur un haut sommet et de mieux comprendre les enjeux politiques et diplomatiques sous-jacents. Sans l’action du ministère des Affaires étrangères et des ambassades, Louis Lachenal et Maurice Herzog n’auraient sûrement pas atteint le sommet de l’Annapurna en 1950.
– La photographie comme source pour l’histoire du sport : l’exemple du rugby, par Sylvie Bossy-Guérin
Les photographies et les cartes postales à thématique sportive sont pléthoriques et généralement utilisées pour illustrer l’histoire d’un sport comme le rugby ou le parcours d’un champion. Cependant, l’objet est rarement mis à la disposition des chercheurs, ce qui limite l’accès à certaines informations. L’abondance de cette source nécessite d’opérer des catégorisations afin d’en faciliter l’exploitation. L’analyse approfondie des clichés apporte des précisions sur les lieux, les acteurs, l’entraînement ou l’événement sportif, et complète les sources institutionnelles et imprimées. La correspondance, les annotations et la circulation des cartes postales permettent d’entendre la voix des sportifs et contribuent à une connaissance approfondie de la pratique du rugby. Cependant, des précautions sont nécessaires à l’emploi de ces photographies qui demeurent des sources partielles et partiales. Elles amplifient la visibilité des plus grands clubs et des champions, mais ne doivent pas pour autant être délaissées.
Les archives du sport comme « impensé »
– 2024, année olympique : une opportunité pour la collecte des archives des fédérations sportives délégataires, par Anne-Marie Bailloux et Cyprien Henry
Bien que les fédérations sportives structurent l’ensemble du mouvement sportif en France, leurs archives ont longtemps été négligées. Jusqu’aux années 2000, les collectes d’archives de fédérations sont éparses, appuyées sur des opportunités souvent locales, et faites sous des statuts juridiques différents. À l’orée des années 2000, un rapprochement entre le Centre des archives du monde du travail de Roubaix, le mouvement sportif et les acteurs universitaires locaux permet de fonder le programme Mémos qui établit une première structuration pour une collecte systématique et cohérente de ces archives, tandis que leur statut juridique se trouve précisé. La dynamique issue du programme Mémos s’essouffle toutefois dans les années 2010. L’année olympique a été l’occasion pour la Mission des archives du ministère en charge des sports de relancer une opération d’envergure par sensibilisation de l’ensemble des fédérations délégataires productrices d’archives publiques, dont trente-sept ont pu être rencontrées en 2024, posant les bases d’une entreprise à long terme.
– Pourquoi collecter et déposer les archives du Toulouse Olympique XIII ? Un projet en construction de sauvegarde de la mémoire d’un club de rugby à XIII, par Éric Castex et Nathalie Joubert
Un projet de collecte, d’identification et de valorisation des archives du TO XIII est en construction, dans l’objectif de préserver la mémoire collective du rugby à XIII, sport longtemps marginalisé et dont le patrimoine documentaire reste fragile et dispersé. Cette démarche s’inscrit dans une dynamique nationale de sauvegarde des archives sportives, mais se confronte à des réalités spécifiques :
rareté des sources, fragmentation des détenteurs d’objets et de documents, et reconstruction parfois approximative des récits mémoriels. Cet article présente la démarche mise en œuvre, les difficultés rencontrées, la méthodologie à adopter, et les perspectives ouvertes pour la constitution d’un fonds d’archives pérenne, en faveur de la transmission du patrimoine sportif local.
– Faire dialoguer les archives privées et les archives publiques. Étude de cas à partir des pratiques physiques aventureuses au second XXe siècle, par Arthur Malé
Cette contribution retrace le cheminement suivi dans la collecte des archives portant sur les pionniers
de l’exploration du XXe siècle : Jacques-Yves Cousteau, Paul-Émile Victor et Haroun Tazieff. L’article souligne la nécessité du dialogue entre archives publiques et privées pour donner une nouvelle traduction aux pratiques physiques aventureuses telles que la plongée sous-marine, les raids polaires et les expéditions volcanologiques. Généralement menées à la marge des institutions, ces pratiques imposent à la fois d’investiguer les archives publiques pour ce qu’elles recèlent de données juridiques, économiques ou organisationnelles, et des archives privées permettant d’appréhender les pratiques telles qu’elles se mènent et les débats qui les fondent.
Les spécificités de la collecte de la mémoire sportive
– À vos marques, prêts… archivez ! La pratique archivistique et les archives publique à l’épreuve des jeux, par Enora Perronneau Saint-Jalmes
L’étude de cas revient sur la collecte rocambolesque des archives papier et électroniques de la Délégation générale aux Jeux olympiques et paralympiques et aux grands événements (DGJOPGE) de la Ville de Paris, pilotée par les Archives de Paris. Le chantier révèle les difficultés inhérentes à ce projet d’archivage original au sein de la Grande Collecte des archives du sport. L’étude évoque les situations auxquelles a été confrontée l’autrice-archiviste en charge d’une telle opération au sein d’une administration publique. Elle s’intéresse aux outils et solutions déployés et retrace aussi ses réflexions. L’exposé est en effet alimenté par les débats et les choix parfois contradictoires qui ont jalonné le parcours de collecte. L’analyse traduit ainsi la conservation complexe de la mémoire sportive face aux enjeux (financiers, juridiques, démocratiques, techniques et humains) attachés aux archives.
– Le Projet des ARchives du Sport aux Archives de la Charente : diversifier la collecte pour préserver l’histoire du sport charentais, par Lucile Garréta et David Guéné
En février 2023, les Archives de la Charente ont initié un projet visant à soutenir l’histoire et la mémoire du sport en Charente, baptisé PARS (Projet des ARchives du Sport). Ce projet inédit dans le département a pour objectif de collecter et de mettre à disposition les archives et les témoignages des acteurs et actrices du monde du sport charentais. À l’approche du terme du projet, ce retour d’expérience a pour objectif d’en dresser un panorama.
– Complémentarité des archives publiques et privées dans l’histoire du sport rémois : exemple d’un club de basket féminin, par Carine Manigot et Céline Souëf
Là où les archives publiques fournissent des informations officielles sur les club, les archives privées viennent les compléter avec leur histoire et celle de leurs membres. Pour connaître l’aspect humain de ces structures, l’usager doit s’appuyer sur d’autres sources
provenant de particuliers impliqués dans les clubs sportifs. À travers l’exemple d’un don fait aux Archives municipales et communautaires de Reims par l’arrière-petite nièce des fondateurs du club de basket féminin Saint- Jacques Sport, une archiviste et une chercheuse exposent les enjeux de ces documents privés liés au sport pour les services d’archives publiques et les usagers.
Varia
– Les Grandes Collectes : qu’en pensent les archivistes ?, par Manon Lasne, Valentin Laurent et Camille Pillot
À l’occasion de la XXIIIe Journée d’archivistique d’Angers, une enquête a été menée auprès des archivistes français pour recueillir leur avis sur les Grandes Collectes. Cette étude visait à comprendre le regard des archivistes, participants ou non, sur ces initiatives et comment cela avait pu influencer les pratiques archivistiques en suscitant de nouvelles réflexions professionnelles. Différentes thématiques ont ainsi été questionnées en détail au prisme de ce questionnaire et de la bibliographie existante : préservation de la mémoire collective, problématiques de tri, d’évaluation et de classement, méthodes de valorisation et de communication, lien entre
les archivistes et les citoyens, etc. Il permet d’observer quelle importance les archivistes ont accordée à ces événements malgré les limites des services, et comment ils sont parvenus à adapter leur pratique à un événement heurtant parfois les réalités pratiques du métier.
– La reconnaissance automatique des écritures manuscrites dans le monde des archives, entre expérimentations et consolidation, par Loïc Bourges
L’usage de l’IA se généralise au sein de nombreux corps de métiers : le secteur des archives n’est pas en reste. En effet, depuis 2015 et le projet pionnier Himanis, l’application de l’IA à la reconnaissance des textes manuscrits (HTR) se développe, permettant de transcrire d’importants fonds d’archives, de réaliser de la recherche plein texte et donc de procéder à de l’indexation précise. Cela implique une évolution du rapport aux archives et à la recherche pour les usagers comme pour les professionnels. Si le lien aux documents, aux écritures et au patrimoine demeure, force est de constater que l’HTR devient un outil central aux taches chronophages. À terme, l’HTR et l’IA pourraient ouvrir des perspectives inédites pour l’Histoire en facilitant l’accès à des corpus massifs, comme en rendant possibles des études statistiques de phénomènes historiques à des échelles encore rarement envisagées.
SUMMARY OF ARTICLES
Which sports diplomacy are we talking about ? When education initiatives illuminate the forms of diplomatic action in the field of sport, by Sylvain Dufraisse and Éric Lechevallier
This article examines two initiatives of the French Diplomatic Archives, undertaken in collaboration with the Department of Sport Sciences (UFR STAPS) at Nantes University. The first is the seventh edition of the Young Ambassadors competition, devoted to the 1968 Mexico Olympic Games and directed toward teachers and school audiences. The second concerns a series of activities organized for the Nuits de la Lecture under the theme « Olympic Games, Diplomatic Games », targeting a more general public. The article demonstrates how the systematic exploration of the Diplomatic Archives has enabled a more nuanced understanding and historicization of France’s diplomatic action in the field of sport. It further shows how these two promotional projects intersect, as
outcomes of both local and national dynamics. Finally, it assesses the contributions as well as the limitations of the Olympic Games as a vector for the scholarly and cultural valorization of these archival materials.
French Himalayan mountaineering in the light of Diplomatic Archives (1950–1980). A decisive practice in building political relations between France and the Himalayan states, by Romain Crunchant
The diplomatic archives held in Nantes and La Courneuve are valuable sources for writing the history of French mountaineering in the Himalayas. Studying them offers a new perspective on how a sporting expedition to a high peak is organized and helps to better understand the underlying political and diplomatic stakes. Without the involvement of the Ministry of Foreign Affairs and the embassies, Louis Lachenal and Maurice Herzog would likely never have reached the summit of Annapurna in 1950.
Photography as a source for sports history : the example of rugby, by Sylvie Bossy-Guérin
There is a wealth of sports-themed photographs and postcards, which are generally used to illustrate the history of a sport such as rugby or the career of a champion. However, these items are rarely made available to researchers, which limits access to certain information. The abundance of this source requires categorisation in order to facilitate its use. In-depth analysis of the photographs provides details about the locations, players, training or sporting events and complements institutional and printed sources. Correspondence, annotations and the circulation of postcards allow us to hear the voices of the athletes and contribute to a deeper understanding of the practice of rugby. However, caution is needed when using these photographs, which remain partial and biased
sources. They amplify the visibility of the biggest clubs and champions, but should not be neglected for that reason.
The olympic year of 2024 : an opportunity for collecting records from delegated sports federations, by Anne-Marie Bailloux and Cyprien Henry
Whereas sport federations structure the entire sport movement in France, their archives have long been neglected. Until the 2000s, federation archive collections were scattered, often based on local opportunities, and carried out under different legal statuses. During the 2000 s, a rapprochement between the Centre des archives du monde du travail at Roubaix, the sport movement, and local academic stakeholders led to the founding of the Mémos program, which established an initial structure for a systematic and coherent collection of these archives, while their legal status was clarified. The momentum generated by the Memos program, however, ran out of steam in the 2010s. The Olympic year was an opportunity for the Archives Mission of the Ministry of Sports to relaunch a largescale operation to raise awareness among all the delegated federations producing public archives, thirty-seven of which were met in 2024, laying the foundations for a long-term undertaking.
Why collect and deposit the archives of Toulouse Olympique XIII ? A project under construction to preserve the memory of a rugby club, by Éric Castex and Nathalie Joubert
A project to collect, identify, and promote the archives of Toulouse Olympique XIII is under construction, with the aim of preserving the collective memory of rugby league, a sport that has long been marginalized and whose documentary heritage remains fragile and
dispersed. This approach is part of a national dynamic to safeguard sports archives, but is confronted with specific realities : scarcity of sources, fragmentation of holders of objects and documents, and sometimes approximate reconstruction of memorial narratives. This article presents the approach implemented, the difficulties encountered, the methodology to be adopted, and the prospects open for the constitution of a lasting archive fund, in favor of the transmission of local sports heritage.
Bringing private and public archives into dialogue. A case study of adventurous physical practices in the second half of the XXth century, by Arthur Malé
This contribution retraces the steps taken to collect archives on the pioneers of twentieth century exploration: Jacques-Yves Cousteau, Paul-Émile Victor and Haroun Tazieff. The article highlights the need for dialogue between public and private archives to give new expression to adventurous physical practices such as scuba diving, polar raids and volcanological expeditions. Generally carried out on the bangs of institutions, these practices require the investigation of both public archives for their legal, economic and organizational data, and private archives to understand the practices as they are carried out and the debates that underpin them.
On your marks, set, file! Archival practice and public records versus the Olympic Games, by Enora Peronneau Saint-Jalmes
We focus here on the records collection policy conducted by the Archives de Paris for the benefice of the Délégation générale aux Jeux olympiques et paralympiques et aux grands événements (DGJOPGE) de la Ville de Paris. This operation encapsulates the difficulties lying dormant in such an ambitious and original project among the nationalscale records collection policy for the 2024 Summer Olympics, branded as Paris 2024. The author, who is also the archivist in charge, presents the challenges that occurred, and sheds light on tools and solutions designed to preserve the public records related to this international sport event. Preserving the memory of a popular, yet controversial sport event cannot indeed be separated from the various issues engraved in public records and public data. From their own archivist’s perspective, the author reports the many debates and choices they have encountered, and (not always) overcome along the way.
The Sport Archives Project at the Charente Archives: diversifying collections to preserve the history of sport in Charente, by Lucile Garréta and David Guéné
In February 2023, the Charente Archives initiated a project to support the history and memory of sport in Charente, called PARS (Projet des ARchives du Sport). The aim of this first-of-its-kind project in the department is to collect and make available the archives and testimonies of those involved in the world of sport in Charente. As the project draws to a close, this case study aims to provide an overview.
The complementarity of public and private archives in the history of sport in Reims: a case study of a women’s basketball club, by Carine Manigot and Céline Souëf
Public archives are usually confined to the official, legal informations of sports club; private archives supplement them, through the history of club and the history of its members. Gaining insight into the human and social dimensions of these organizations requires
recourse to alternative sources, often originating from individuals directly engaged in sporting activities. An illustrative case is the donation made to the Municipal and Community Archives of Reims by the great-grandniece of the founders of the women’s basketball club Saint‑Jacques Sport. Drawing on this example, an archivist and a researcher examine the implications of private documents related to sport into public archival repositories.
Les Grandes Collectes: what do archivists think?, by Manon Lasne, Valentin Laurent and Camille Pillot
On the occasion of the XXIIIrd Angers Archival Day, a survey was conducted among French archivists to gather their opinions on Les Grandes Collectes. The aim of this study was to understand how archivists, whether participants or not, viewed these initiatives and how they influenced archival practices by sparking new professional reflections. Various topics were examined in detail through this
questionnaire and existing bibliography : preservation of collective memory, issues of sorting, evaluation and classification, methods of promotion and communication, the relationship between archivists and citizens, etc. It shows how much importance archivists attached to these events despite the limitations of the services, and how they managed to adapt their practices to an event that sometimes clashed with the practical realities of the profession.
Automatic recognition of handwriting in the world of archives, between experimentation and consolidation, by Loïc Bourges
AI is becoming widespread within many professions, such as the world of archives. Indeed, since 2015 and the pioneering
Himanis project, the application of AI to the recognition of handwritten texts (HTR) has developped, enabling the transcription of large archive holdings, full-text researches and indexation. It implies a change in the way users and archivists alike relate to archives and research. However, far from profoundly altering our relationship with documents, writing and heritage, it would seem that HTR, and more generally AI, are extremely useful tools for carrying out certain time-consuming tasks that would be unthinkable otherwise. Ultimately, HTR could open up unprecedented prospects for history, by facilitating access to massive corpora, as well as making possible statistical studies of historical phenomena on scales as yet rarely envisaged.