La gestion et l’ouverture des données est une préoccupation qui a pris de l’ampleur entre autres dans le secteur public (loi numérique, règlement européen sur les données à caractère personnel, open data).
Dans le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche, la gestion et l’ouverture des données se trouvent à mi-chemin entre les mouvements d’ouverture des données publiques – Open Data et le mouvement de libre-accès aux publications scientifiques – Open Access qui s’élargit aux données de la recherche.
Par ailleurs, la gestion des données est préconisée par les bailleurs de fonds dont l’Europe. La Commission Européenne a lancé un projet pilote sur les données de la recherche au sein de son programme de financement de la recherche scientifique Horizon 2020. Les bénéficiaires des financements attribués dans le cadre de cet appel à projet sont incités à élaborer un plan de gestion des données.
De plus, les institutions d’enseignement supérieur et de recherche sont confrontées à l’augmentation exponentielle de la production des données, aux coûts du stockage, aux questions de partage et de sécurité… Les données de la recherche ont un intérêt crucial. Elles ont valeur de preuve, de validation des résultats, de justification vis-à-vis des bailleurs, elles peuvent également être réutilisées et valorisées.
Les métiers de l’information scientifique et technique, entre autres, ont pris en charge ces questions dans la continuité de celle des publications. Les archivistes apportent leurs compétences complémentaires et leur soutien à ce mouvement. Afin de pouvoir échanger plus aisément avec les différents métiers impliqués, les archivistes ont rédigé une définition des données de la recherche.
Hélène Le Bot et Lina Sbeih, pour le groupe de travail
sur les données de la recherche (section Aurore).
Les données de la recherche concernent, en plus des métiers de la recherche, les métiers qui viennent en appui à celle-ci, tels que la documentation, les archives et l’informatique. Chacun de ces métiers a un rôle à jouer dans le cycle de vie des données. L’archiviste apporte son expertise pour leur gestion, leur conservation voire leur communication.
Les archivistes, au sein de la section des archivistes des universités, rectorats, organismes de recherche et mouvements étudiants (AURORE) de l’association des archivistes français, ont souhaité proposer une définition du périmètre dans lequel ils interviennent :
“Les données de la recherche sont des informations, spécimens et matériaux produits, recueillis et documentés. Elles sont collectées ou exploitées à des fins de recherche et de preuves par les chercheurs et leurs équipes. À ce titre, elles constituent une partie des archives de la recherche.”
Précisions :
- Les archives de la recherche englobent l’ensemble des documents et données produits ou reçus dans le cadre du processus de recherche. C’est-à-dire à la fois l’activité de recherche au sein des laboratoires et par les chercheurs et l’administration de la recherche au sein des organismes ainsi que par les fonctions venant en appui à la recherche.
- Les données de la recherche sont en grande partie électroniques mais peuvent exister également sur d’autres supports.
- Les données de la recherche sont soit collectées soit exploitées dans le cadre du processus de recherche.
Cette définition, validée par le conseil d’administration de l’Association des archivistes français, a fait l’objet d’un article sur Wikipédia.