Groupe archives photographiques

Archives photographiques

P U N C T U M n°2 (juillet-août 2024)

Accessible à tous

Publié le 09 juillet 2024

Retrouvez la lettre dans son entièreté, illustrée des photographies choisies à la fin de cet article.

Coordination éditoriale

Eugénie Foulier, chargée des fonds iconographiques, Archives départementales de la Seine-Saint-Denis

Camille Viala Rouy, cheffe de projet et responsable du fonds photographique Alix, mairie de Bagnères-de-Bigorre

Institutions de conservation

Archives départementales des Bouches-du-Rhône

Archives départementales des Hautes–Pyrénées

Archives départementales de la Seine-Saint-Denis

Archives municipales de Marseille

Musée Curie (UAR 6425 CNRS/Institut Curie)

Première de couverture

[Inconnu], Vue prise au-dessus des gorges de Saint-Sauveur face au Bergons, 18 juillet 1959. Photographie positive sur papier au gélatino-bromure d’argent, 12.50 × 14
cm. 93 Fi 14. © Archives départementales des Hautes-Pyrénées.


n°2. JUILLET-AOÛT 2024
INSTANTANÉS DE VILLÉGIATURE – P U N C T U M

La lettre bimes­trielle du groupe de tra­vail Archives pho­to­gra­phi­ques de l’Association des archi­vis­tes fran­çais

É D I T O

Cette lettre bimes­trielle a pour voca­tion de valo­ri­ser les fonds et col­lec­tions pho­to­gra­phi­ques conser­vés dans les dépôts d’archi­ves, autour d’une thé­ma­ti­que com­mune et en don­nant la parole aux archi­vis­tes. Ce projet d’édition numé­ri­que naît d’une volonté de mettre en lumière la diver­sité et la richesse des corpus pho­to­gra­phi­ques des col­lec­tions publi­ques et pri­vées en réu­nis­sant des images dans le cadre d’un projet de valo­ri­sa­tion commun et trans­ver­sal. P U N C T U M porte une atten­tion par­ti­cu­lière à la maté­ria­lité de l’objet pho­to­gra­phi­que et aux notions de savoir-faire, de pro­duc­teurs et d’usages.

Pour chaque numéro, P U N C T U M réunit archi­vis­tes et acteurs du monde de la pho­to­gra­phie afin de faire dia­lo­guer les dis­ci­pli­nes et les fonds pho­to­gra­phi­ques au regard des pho­to­gra­phies pro­po­sées par les ins­ti­tu­tions de conser­va­tions asso­ciées.

« C’est par le stu­dium que je m’inté­resse à beau­coup de pho­to­gra­phies, soit que je les reçoive comme des témoi­gna­ges poli­ti­ques, soit que je les goûte comme de bons tableaux his­to­ri­ques car c’est cultu­rel­le­ment (cette conno­ta­tion est pré­sente dans le stu­dium) que je par­ti­cipe aux figu­res, aux mines, aux gestes, aux décors, aux actions. Le second élément vient casser (ou scan­der) le stu­dium. Cette fois, ce n’est pas moi qui vais le cher­cher (comme j’inves­tis de ma cons­cience sou­ve­raine le champ du stu­dium), c’est lui qui part de la scène comme une flèche, et vient me percer. Un mot existe en latin pour dési­gner cette bles­sure, cette piqûre, cette marque faite par un ins­tru­ment pointu ; ce mot m’irait d’autant mieux qu’il ren­voie aussi à l’idée de ponc­tua­tion et que les photos dont je parle sont en effet comme ponc­tuées, par­fois même mou­che­tées, de ces points sen­si­bles ; pré­ci­sé­ment, ces mar­ques, ces bles­su­res sont des points. Ce second élément qui vient déran­ger le stu­dium, je l’appel­le­rai donc punc­tum ; car punc­tum, c’est aussi : piqûre, petit trou, petite tache, petite cou­pure – et aussi coup de dés. Le punc­tum d’une photo, c’est ce hasard qui, en elle, me point (mais aussi me meur­trit, me poigne. »
Roland Barthes, La cham­bre claire. Note sur la pho­to­gra­phie, Gallimard-Le Seuil, 1980.

P R É F A C E
Si ce corpus de pho­to­gra­phies réu­nies sous la thé­ma­ti­que « Instantanés de vil­lé­gia­ture » témoi­gne de la place du médium comme pra­ti­que sociale et cultu­relle en incar­nant toute sa dimen­sion ver­na­cu­laire et l’ère des « pho­to­ma­teurs » de Gisèle Freund, il ques­tionne tout autant notre lien le plus intime à l’image. Bien au-delà des fron­tiè­res de l’his­toire, ces ins­tan­ta­nés convo­quent notre rap­port au sou­ve­nir et à l’émotion. Bribes de colo­nies de vacan­ces, virées en bord de mer entre amis ou en famille, ascen­sions en mon­ta­gne, toutes appel­lent en nous un sou­ve­nir, le fameux « ça a été » de Roland Barthes. Le chant des vagues, la brise d’un soir d’été, le silence de la mon­ta­gne : c’est tous nos sens qui sont ici sol­li­ci­tés. Autant de frag­ments de vies fixés dans la matière qui éveillent nos ima­gi­nai­res.
Camille Viala Rouy
Cheffe de projet et res­pon­sa­ble du fonds pho­to­gra­phi­que Alix, Mairie de Bagnères-de-Bigorre


___
Quelques réfé­ren­ces biblio­gra­phi­ques
Aubenas, S., Gunthert, A., Poivert, M. La révo­lu­tion de la pho­to­gra­phie ins­tan­ta­née, 1880-1900, Bnf Editions, 1996. 32 p.
Bajac, Q. La pho­to­gra­phie, l’époque moderne, Éd. Gallimard, 1880-1960, 160 p.
Brunet, F. La pho­to­gra­phie his­toire et contre-his­toire, Paris, Presses uni­ver­si­tai­res de France, 2017, 400 p.
Freund, G. Photographie et société, Ed. du Seuil, 1974, 216 p.
Londe, A. La pho­to­gra­phie ins­tan­ta­née : théo­rie et pra­ti­que, Ed.
Gauthier-Villars, 1886, 146 p.