Retrouvez la lettre dans son entièreté, illustrée des photographies choisies à la fin de cet article.
Coordination éditoriale
Camille Viala Rouy, cheffe de projet et responsable du fonds photographique Alix, mairie de Bagnères-de-Bigorre
Préface Gwenola Furic, Conservatrice-restauratrice du patrimoine photographique
Institutions de conservation
Archives départementales du Calvados
Archives municipales de Marseille
Archives municipales de Rochefort
Première de couverture
Théodore Levaltier, [Essai d’autochrome dans le jardin], 11 septembre 1908. Autochrome, 9 x 12 cm. 103 Fi 2 (n°18). Fonds Théodore Levaltier © Archives départementales du Calvados.
n°3. SEPTEMBRE-OCTOBRE 2024
EN COULEURS ! – P U N C T U M
La lettre bimestrielle du groupe de travail Archives photographiques de l’Association des archivistes français
É D I T O
Cette lettre bimestrielle a pour vocation de valoriser les fonds et collections photographiques conservés dans les dépôts d’archives, autour d’une thématique commune et en donnant la parole aux archivistes. Ce projet d’édition numérique naît d’une volonté de mettre en lumière la diversité et la richesse des corpus photographiques des collections publiques et privées en réunissant des images dans le cadre d’un projet de valorisation commun et transversal. P U N C T U M porte une attention particulière à la matérialité de l’objet photographique et aux notions de savoir-faire, de producteurs et d’usages.
Pour chaque numéro, P U N C T U M réunit archivistes et acteurs du monde de la photographie afi n de faire dialoguer les disciplines et les fonds photographiques au regard des photographies proposées par les institutions de conservations associées.
P R É F A C E
« C’est par le studium que je m’intéresse à beaucoup de photographies, soit que je les reçoive comme des témoignages politiques, soit que je les goûte comme de bons tableaux historiques car c’est culturellement (cette connotation est présente dans le studium) que je participe aux figures, aux mines, aux gestes, aux décors, aux actions. Le second élément vient casser (ou scander) le studium. Cette fois, ce n’est pas moi qui vais le chercher (comme j’investis de ma conscience souveraine le champ du studium), c’est lui qui part de la scène comme une fl èche, et vient me percer. Un mot existe en latin pour désigner cette blessure, cette piqûre, cette marque faite par un instrument pointu ; ce mot m’irait d’autant mieux qu’il renvoie aussi à l’idée de ponctuation et que les photos dont je parle sont en effet comme ponctuées, parfois même mouchetées, de ces points sensibles ; précisément, ces marques, ces blessures sont des points. Ce second élément qui vient déranger le studium, je l’appellerai donc punctum ; car punctum, c’est aussi : piqûre, petit trou, petite tache, petite coupure – et aussi coup de dés. Le punctum d’une photo, c’est ce hasard qui, en elle, me point (mais aussi me meurtrit, me poigne. »
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Quelques références bibliographiques
Boulouch, N. Le ciel est bleu. Une histoire de la photographie couleur, Éd. Textuel, 2011, 224 p.
Lavédrine, B., Gandolfo, J-P. L’autochrome Lumière. Secrets d’atelier et défi s industriels, Éd. CTHS, 2009, 391 p.