Retrouvez la lettre dans son entièreté, illustrée des photographies choisies à la fin de cet article.
Coordination éditoriale
Camille Viala Rouy, cheffe de projet et responsable du fonds photographique Alix, mairie de Bagnères-de-Bigorre
Préface Gwenola Furic, Conservatrice-restauratrice du patrimoine photographique
Institutions de conservation
Archives départementales des Bouches-du-Rhône
Archives départementales du Calvados
Archives départementales du Loir-et-Cher
Archives départementales de la Manche
Archives municipales de Marseille
Première de couverture
Louis Sciarli (1925-2017), [Louis Sciarli photographie le magasin Bendix], 13 décembre 1956. Négatif noir et blanc 4×5. 47 Fi 4989. Fonds Louis Sciarli. © Archives municipales de Marseille.
N° 4. NOVEMBRE-DECEMBRE 2024
PORTRAITS DE PHOTOGRAPHES
Lumières sur l’acte photographique– P U N C T U M
La lettre bimestrielle du groupe de travail Archives photographiques de l’Association des archivistes français
P R É F A C E
Lorsqu’on regarde une photographie, on ne voit bien évidemment que ce qui est dans le cadre : photographier c’est faire un choix, de sujet, d’angle, de champ… A contrario de la traduction japonaise du mot photographie : shashin, littéralement « copie de la vérité », l’image photographique n’est pas vraiment, ou pas toujours, pas complètement, la vérité. Certains sujets en sont absents : ce qu’on ne juge pas intéressant, pas décent, pas digne d’être immortalisé dans la boîte noire, et aussi tout simplement ce à quoi on ne pense pas.
Justement, il est un grand impensé, qui pourtant est présent lors de toute prise de vue : le ou la photographe ! On peut éventuellement déduire, de quelques caractéristiques techniques du négatif, le type d’appareil employé (chambre sur trépied, moyen format où l’image est construite à travers un verre dépoli vu du dessus, petit format que l’on tient derrière son œil) ; mais du personnage lui-même, la plupart des photographies ne nous disent rien.
Alors quel bonheur et quel intérêt quand, de façon déterminée ou par mégarde, le ou la photographe apparaît dans l’image ! Qu’il s’agisse d’un reflet dans le miroir ou d’un portrait pris par autrui (qui à son tour ne sera pas représenté…), ces images nous renseignent sur ce personnage de l’ombre, qui bien souvent, connaissant toutes les ficelles de la production, préfère se tenir derrière que devant l’objectif, estimant peut-être comme Denis Roche, qu’« on photographie ce qu’on a regardé, donc on se photographie soi-même.1 »
Gwenola Furic
Conservatrice-restauratrice du patrimoine photographique
1 Denis Roche, La photographie est interminable : entretien avec Gilles Mora, Seuil,
2007.
___
Quelques références bibliographiques
Gunthert, André & Poivert, Michel (dir.), L’Art de la photographie des origines à nos jours, Citadelles & Mazenod, 2007.
Collectif, Le photographe photographié (l’autoportrait en France 1850-1914), MEP/Musées de la ville de Paris, 2004.