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Archives photographiques

P U N C T U M n°4 (novembre – décembre 2024)

Accessible à tous

Publié le 26 novembre 2024

Retrouvez la lettre dans son entièreté, illustrée des photographies choisies à la fin de cet article.

Coordination éditoriale

Camille Viala Rouy, cheffe de projet et responsable du fonds photographique Alix, mairie de Bagnères-de-Bigorre

Préface Gwenola Furic, Conservatrice-restauratrice du patrimoine photographique

Institutions de conservation

Archives départementales des Bouches-du-Rhône

Archives départementales du Calvados

Archives départementales du Loir-et-Cher

Archives départementales de la Manche

Archives municipales de Marseille

Première de couverture

Louis Sciarli (1925-2017), [Louis Sciarli photographie le magasin Bendix], 13 décembre 1956. Négatif noir et blanc 4×5. 47 Fi 4989. Fonds Louis Sciarli. © Archives municipales de Marseille.


N° 4. NOVEMBRE-DECEMBRE 2024
PORTRAITS DE PHOTOGRAPHES
Lumières sur l’acte pho­to­gra­phi­que
– P U N C T U M

La lettre bimes­trielle du groupe de tra­vail Archives pho­to­gra­phi­ques de l’Association des archi­vis­tes fran­çais

P R É F A C E
Lorsqu’on regarde une pho­to­gra­phie, on ne voit bien évidemment que ce qui est dans le cadre : pho­to­gra­phier c’est faire un choix, de sujet, d’angle, de champ… A contra­rio de la tra­duc­tion japo­naise du mot pho­to­gra­phie : sha­shin, lit­té­ra­le­ment « copie de la vérité », l’image pho­to­gra­phi­que n’est pas vrai­ment, ou pas tou­jours, pas com­plè­te­ment, la vérité. Certains sujets en sont absents : ce qu’on ne juge pas inté­res­sant, pas décent, pas digne d’être immor­ta­lisé dans la boîte noire, et aussi tout sim­ple­ment ce à quoi on ne pense pas.
Justement, il est un grand impensé, qui pour­tant est pré­sent lors de toute prise de vue : le ou la pho­to­gra­phe ! On peut éventuellement déduire, de quel­ques carac­té­ris­ti­ques tech­ni­ques du néga­tif, le type d’appa­reil employé (cham­bre sur tré­pied, moyen format où l’image est cons­truite à tra­vers un verre dépoli vu du dessus, petit format que l’on tient der­rière son œil) ; mais du per­son­nage lui-même, la plu­part des pho­to­gra­phies ne nous disent rien.
Alors quel bon­heur et quel inté­rêt quand, de façon déter­mi­née ou par mégarde, le ou la pho­to­gra­phe appa­raît dans l’image ! Qu’il s’agisse d’un reflet dans le miroir ou d’un por­trait pris par autrui (qui à son tour ne sera pas repré­senté…), ces images nous ren­sei­gnent sur ce per­son­nage de l’ombre, qui bien sou­vent, connais­sant toutes les ficel­les de la pro­duc­tion, pré­fère se tenir der­rière que devant l’objec­tif, esti­mant peut-être comme Denis Roche, qu’« on pho­to­gra­phie ce qu’on a regardé, donc on se pho­to­gra­phie soi-même.1 »
Gwenola Furic
Conservatrice-res­tau­ra­trice du patri­moine pho­to­gra­phi­que

1 Denis Roche, La pho­to­gra­phie est inter­mi­na­ble : entre­tien avec Gilles Mora, Seuil,
2007.


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Quelques réfé­ren­ces biblio­gra­phi­ques
Gunthert, André & Poivert, Michel (dir.), L’Art de la pho­to­gra­phie des ori­gi­nes à nos jours, Citadelles & Mazenod, 2007.
Collectif, Le pho­to­gra­phe pho­to­gra­phié (l’auto­por­trait en France 1850-1914), MEP/Musées de la ville de Paris, 2004.