Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane

Ouvert sur rendez-vous du lundi au vendredi, de 9 h. à 18 h.


B. P. 12

87520 ORADOUR-SUR-GLANE

Tél. : 05-55-430-430

Fax : 05-55-430-431

Mél : cmo.sandra.gibouin@wanadoo.fr

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Présentation issue de l’ECHO n° 34 (avril 2002)

1. Oradour-sur-Glane : un lieu de mémoire


Le vil­lage martyr d’Oradour-sur-Glane est un lieu de mémoire, sym­bole des exac­tions nazies pen­dant la seconde guerre mon­diale. 642 hommes, femmes et enfants y furent tués dans l’après-midi du 10 juin 1944 par la divi­sion SS « Das Reich » et le vil­lage fut incen­dié. Devant l’émotion pro­vo­quée par ce mas­sa­cre, il fut décidé, dès la Libération, de conser­ver les ruines d’Oradour comme un lieu de sou­ve­nir et de pèle­ri­nage. Une déci­sion de novem­bre 1944 du Gouvernement pro­vi­soire de la République fran­çaise prend les prin­ci­pa­les dis­po­si­tions pour conser­ver les ruines du vil­lage martyr et cons­truire un nou­veau vil­lage à l’écart de l’ancien.

Une loi de 1946 confirme ces dis­po­si­tions. Depuis cette date, le vil­lage martyr, pro­priété de l’État, est un monu­ment his­to­ri­que.

2. Pourquoi un Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane ?


« Le Centre de la mémoire s’est imposé comme une néces­sité en raison du nombre impor­tant de visi­teurs qui chaque année se pres­sent devant les ruines du vil­lage. Le pou­voir d’évocation de ces décom­bres cal­ci­nés est intact, l’émotion est vive mais regar­der sans com­pren­dre, c’est un peu être aveu­gle et sourd. C’est essen­tiel­le­ment pour cette raison que le Centre de la mémoire a vu le jour ». Inauguré le 16 juillet 1999 par le Président de la République Jacques Chirac, ce centre a pour voca­tion de conser­ver la mémoire de cet événement, tout en le res­ti­tuant dans son contexte his­to­ri­que. Il s’agit de lutter à la fois contre l’oubli et le révi­sion­nisme.

Le Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane est aujourd’hui dirigé par Anne-Dominique Barrère. Il emploie dix neuf per­ma­nents pour les visi­tes gui­dées, l’accueil, la librai­rie, les ser­vi­ces admi­nis­tra­tifs, la com­mu­ni­ca­tion, la docu­men­ta­tion et le ser­vice entre­tien main­te­nance. Des sai­son­niers sont embau­chés tous les étés pour répon­dre à une fré­quen­ta­tion plus impor­tante.

Le Centre pré­sente une expo­si­tion per­ma­nente et dis­pose d’un espace réservé à une expo­si­tion tem­po­raire, d’une librai­rie, d’un ser­vice éducatif et d’un centre de docu­men­ta­tion.

3. Le centre de documentation et ses ressources


Le centre de docu­men­ta­tion regroupe les docu­ments uti­li­sés pour l’écriture du récit du mas­sa­cre et la réa­li­sa­tion de l’expo­si­tion per­ma­nente. Ces docu­ments ont été réunis dès 1994 par Jean-Jacques Fouché (dons divers faits par des par­ti­cu­liers, acqui­si­tion d’ouvra­ges sur la seconde guerre mon­diale, pho­to­gra­phies et vidéos).

Ce fonds est varié et spé­ci­fi­que à un lieu. Il est com­posé de docu­ments liés à l’his­toire d’Oradour-sur-Glane. Mais l’étude de la micro-his­toire d’Oradour fait réfé­rence à une his­toire plus géné­rale celle de la seconde guerre mon­diale, ce qui expli­que que le fonds peut paraî­tre à la fois concis mais aussi très géné­ral.

Les archi­ves sont clas­sées de manière thé­ma­ti­que et com­po­sées de docu­ments ori­gi­naux ou pho­to­co­piés.

- Oradour, his­toire d’un mas­sa­cre

Sous ce thème sont ras­sem­blées des bro­chu­res diver­ses sur Oradour depuis 1945. Des dos­siers docu­men­tai­res ont été réa­li­sés sur l’infor­ma­tion des ser­vi­ces de police à Limoges avant la Libération, les enquê­tes de police entre 1944 et 1946, les témoi­gna­ges des res­ca­pés (procès-ver­baux des audi­tions effec­tuées par le com­mis­saire Arnet le 20 sep­tem­bre 1944), les pre­miè­res réac­tions au drame du 10 juin 1944 (celles de la presse et de la Résistance, des auto­ri­tés reli­gieu­ses et pré­fec­to­ra­les, du gou­ver­ne­ment de Vichy), les récits des acteurs du drame (condam­nés et amnis­tiés), un « livre objet » réa­lisé par les élèves du col­lège André-Maurois (Limoges) dans le cadre du projet « che­mins de tra­verse » et la pré­pa­ra­tion d’un film : « Oradour-sur-Glane, 10 juin 1944 ».

- Procès de Bordeaux

Sont ras­sem­blés sur ce procès l’acte d’accu­sa­tion (extraits du dos­sier d’enquête avec le rap­port Arnet), des procès-ver­baux, des extraits de la pro­cé­dure, les audien­ces, le réper­toire des juge­ments pro­non­cés par le tri­bu­nal mili­taire de Bordeaux ainsi que des docu­ments sur « les incor­po­rés de force alsa­ciens » et de nom­breux arti­cles de presse fran­çaise et alle­mande.

- Conservation et recons­truc­tion du nou­veau vil­lage

Ce dos­sier com­prend des plans de la nou­velle ville, le mémoire de TPFE d’archi­tec­ture d’Elisabeth Essaïan (1997) sur la recons­truc­tion d’Oradour ainsi que des docu­ments sur la vie muni­ci­pale d’Oradour après 1945 (élections muni­ci­pa­les).

- Administration du Centre et amé­na­ge­ment du site

Différents docu­ments cons­ti­tuant la créa­tion, l’orga­ni­sa­tion et la ges­tion du Centre de la mémoire : la genèse du projet, l’amé­na­ge­ment du site, le cir­cuit visi­teur, les comi­tés de pilo­tage ainsi que les comp­tes rendus des séan­ces des conseils scien­ti­fi­ques entre 1994 et 1999, l’inau­gu­ra­tion du Centre, les docu­ments de l’expo­si­tion per­ma­nente et des expo­si­tions tem­po­rai­res comme « Le livre d’or d’Oradour : l’enga­ge­ment des intel­lec­tuels, un épisode en 1949 » et « Mémoires d’enfants ».

- Propagande vichyste et alle­mande

- Brochures ori­gi­na­les de pro­pa­gande.

- Propagande de la Résistance

- Brochures sur les maquis et la Résistance en Haute-Vienne ainsi que de nom­breux jour­naux clan­des­tins.

- Armées alle­mande et alliée

Les dos­siers docu­men­tai­res réa­li­sés à partir de pho­to­co­pies d’archi­ves alle­man­des dites « archi­ves d’Alexandria » concer­nant la divi­sion « Das Reich » (de mai à juillet 1944) et des archi­ves alle­man­des des ser­vi­ces d’occu­pa­tion à Limoges, per­met­tent de recons­ti­tuer les jour­naux de marche pour deux pério­des (la cam­pa­gne de la divi­sion au Pays -Bas et en France en 1940 et celle du pre­mier semes­tre de 1944). À signa­ler également un dos­sier sur le par­cours de la divi­sion « Das Reich » en Haute-Garonne.

Des infor­ma­tions (rap­ports et cartes) ont été regrou­pées sur les mis­sions alliées SOE de 1941 à 1944 et les mis­sions Jedburgh/ OSS entre juin et novem­bre 1944.

- Révisionnisme

Sont conser­vés les cour­riers, écrits et ouvra­ges révi­sion­nis­tes sur Oradour.

- Déportation, tra­vail de mémoire et guer­res contem­po­rai­nes

Sont ras­sem­blés des arti­cles et cou­pu­res de presse sur les fas­cis­mes d’hier et d’aujourd’hui, les géno­ci­des et camps de concen­tra­tion, la paix et droits de l’homme ainsi que les com­mé­mo­ra­tions, des arti­cles et docu­ments sur les procès Papon et Touvier ainsi que des dos­siers docu­men­tai­res sur les guer­res contem­po­rai­nes (par exem­ple : la guerre en Afghanistan et le conflit israélo-pales­ti­nien....).

- Fonds privés :

  • Denise Bardet (institutrice à Oradour-sur-Glane, tuée le 10 juin 1944). Il s’agit de son journal (sur microfilm) dans lequel elle a consigné ses réflexions.
  • Serge Dobinet (journaliste à Franc-Tireur). Il a rassemblé pour ses articles, parus en 1945, quelques témoignages de survivants (principalement des lettres manuscrites).
  • Haim Wajnberg (enfant juif caché pendant la guerre à Mézières-sur-Issoire en Haute-Vienne). Le fonds est composé de cassettes-vidéo intitulées Enfants de la Guette (histoire des enfants juifs cachés en Seine-et-Marne dans le château de la Guette puis à La Bourboule avant leur dispersion et Enfants cachés pendant la seconde guerre mondiale : interview de Haim Wajnberg par Jean-Pierre Boesch. Ce fonds comprend aussi des bulletins de l’Association israélienne des enfants cachés en France pendant la Shoah.
  • Michel Taubmann (historien spécialiste de l’histoire de la Résistance en Limousin). Le fonds est constitué de ses dossiers de travail, notamment les courriers de la préfecture régionale du Limousin, les dossiers de la cour de justice de la Haute-Vienne, les rapports des renseignements généraux de Haute-Vienne, les dossiers sur la recherche des criminels de guerre (organigramme et documents divers sur la Gestapo de Limoges) et le dépouillement de liasses provenant du tribunal militaire permanent de Bordeaux.
  • Abbé Schneider (prêtre et ex-chef d’équipe d’urgence de la Croix-Rouge française). Témoignage sur ce qu’on put voir les premiers secours (rapports écrits, photos, liste des personnes ayant participé aux secours). Il a également versé ses correspondances et écrits (réactions face aux thèses révisionnistes).
  • Marguerite Simon (jeune fille de 14 ans, victime du massacre). Correspondances, photographies, bulletin de notes, petit missel illustré, diplômes de fin d’année.

À signa­ler également quel­ques titres de jour­naux :

- Presse 1940-1944 (locale et natio­nale) : Le Courrier du Centre, L’Appel du Centre, Le Figaro, L’Aurore, L’Aube, France-Soir, Franc-Tireur, Front natio­nal, Le Populaire...
- Journaux clan­des­tins de la Résistance 1944 : Combat, Défense de la France, Les Lettres fran­çai­ses, Témoignage chré­tien, L’Humanité...

- Journaux de la Libération 1944-1945 : Le Combat des patrio­tes, Le Centre Libre, La Liberté du Centre...
- Presse illus­trée : Paris-Match, L’Illustration, Le Crapouillot...

- Journal offi­ciel : « Procès du maré­chal Pétain : Haute cour de jus­tice ». Comptes rendus in extenso des audien­ces : 23 juillet-14 août 1945.

Sandra Gibouin, 2002

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