Service des archives de la Croix-Rouge française

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Présentation issue de l’Echo n°33 (février 2002) et modi­fiée en août 2006.

1859, vic­toire des Français et des Piémontais sur les Autrichiens à Solférino. Henry Dunant, homme d’affaire gene­vois, hor­ri­fié par le spec­ta­cle d’aban­don des sol­dats morts et bles­sés, orga­nise les secours avec l’aide des habi­tan­tes d’un proche vil­lage. Fortement marqué, il décrit cette expé­rience et émet des pro­po­si­tions dans Un sou­ve­nir de Solférino, ouvrage qu’il trans­met dés 1862 à tous les grands d’Europe. L’année sui­vante, il par­vient à réunir une confé­rence inter­na­tio­nale à Genève grâce à quatre autres conci­toyens et crée avec eux avec le Comité inter­na­tio­nal de secours aux mili­tai­res bles­sés, futur Comité inter­na­tio­nal de la Croix-Rouge (CICR). Un an plus tard la pre­mière conven­tion de Genève est signée par seize Etats. Elle porte sur « l’amé­lio­ra­tion du sort des bles­sés mili­tai­res pour les armées en cam­pa­gne ».

Le 25 mai 1864 est créée en France la Société de Secours aux Blessés Militaires (SSBM). Deux autres socié­tés Croix-Rouge voient le jour par la suite, issues de scis­sions : l’Association des Dames Françaises (ADF) en 1879 et l’Union des Femmes de France (ADF) en 1881. Les trois asso­cia­tions fusion­nent en 1940 pour former la Croix-Rouge fran­çaise, asso­cia­tion reconnue d’uti­lité publi­que. Auxiliaire des pou­voirs publics et membre du Mouvement inter­na­tio­nal de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge comme 182 autres socié­tés natio­na­les, la CRF a pour mis­sion d’apai­ser les souf­fran­ces humai­nes sans dis­tinc­tion de natio­na­lité, de reli­gion, de condi­tion sociale ou d’appar­te­nance poli­ti­que.

Elle inter­vient dans tous les domai­nes de l’huma­ni­taire : la santé (hôpi­taux, mai­sons de retraite, ins­ti­tuts de for­ma­tion, crè­ches, etc.), le secours, la soli­da­rité (SAMU sociaux, épiceries socia­les, cen­tres d’accueil, etc.), l’inter­na­tio­nal (recher­che de per­son­nes dis­pa­rues, inter­ven­tions d’urgence, lutte contre le sida ...) et assure des pro­gram­mes spé­ci­fi­ques (lutte contre l’illet­trisme, quar­tiers en dif­fi­culté, sou­tien psy­cho­lo­gi­que, ...). Le fonc­tion­ne­ment de l’ins­ti­tu­tion est assuré par 50000 béné­vo­les et 16000 sala­riés qui sont répar­tis entre 1075 délé­ga­tions loca­les, 100 délé­ga­tions dépar­te­men­ta­les et 559 établissements. Son budget annuel s’élève à 844 mil­lions d’euros pour 2004.

Lors sa créa­tion en octo­bre 2000, le ser­vice des archi­ves, qui intè­gre également la docu­men­ta­tion his­to­ri­que de la CRF, est confié à une archi­viste pro­fes­sion­nelle. Depuis jan­vier 2006, la docu­men­ta­tion à carac­tère his­to­ri­que peut être consul­tée au tout nou­veau Centre de Documentation de la CRF, ouvert du lundi au ven­dredi de 8h30 à 17h30.

1. Bref état des lieux

Un réco­le­ment détaillé a recensé 1200 ml d’archi­ves des ser­vi­ces cen­traux de la CRF qui trai­tent des domai­nes sui­vants :

- les acti­vi­tés liées au statut asso­cia­tif de la CRF : les dos­siers des assem­blées géné­ra­les et du conseil d’admi­nis­tra­tion de 1871 à 1885 et de 1938 à nos jours, les sta­tuts depuis 1865, l’ani­ma­tion du réseau (élus dépar­te­men­taux et locaux, échanges d’infor­ma­tions avec les unités) ;
- les acti­vi­tés de ges­tion : la pré­si­dence et la direc­tion géné­rale (dos­siers des pré­si­dents, minu­tiers chro­no­lo­gi­ques), les res­sour­ces humai­nes sur le ter­ri­toire fran­çais, dans les colo­nies et les délé­ga­tions géné­ra­les de la CRF dans les ancien­nes colo­nies et à l’étranger (ges­tion du per­son­nel, fichiers, dos­siers de per­son­nel, bilans sociaux, conven­tions col­lec­ti­ves ...), la comp­ta­bi­lité (comp­ta­bi­lité du siège, des établissements, des dépar­te­ments et des unités), la ges­tion juri­di­que (dons, legs, immo­bi­lier, assu­ran­ces, conten­tieux), la com­mu­ni­ca­tion (opé­ra­tions de com­mu­ni­ca­tion et de par­te­na­riat, bro­chu­res, revues pério­di­ques de 1865 à nos jours) et les rela­tions « diplo­ma­ti­ques » (avec les admi­nis­tra­tions fran­çaise et euro­péenne, la FICR, le CICR, les socié­tés natio­na­les de Croix-Rouge et Croissant-Rouge, les ONG depuis 1945) ;
- les acti­vi­tés pro­pres à la CRF : l’ensei­gne­ment et la for­ma­tion (pro­gram­mes, sta­tis­ti­ques, échanges de cor­res­pon­dance avec les écoles, procès-ver­baux des exa­mens, rap­ports d’acti­vi­tés, par­ti­ci­pa­tion à diver­ses ins­tan­ces des minis­tè­res de l’ensei­gne­ment ou de la santé de 1883 à aujourd’hui), les opé­ra­tions natio­na­les (opé­ra­tions de secours d’urgence, opé­ra­tions de soli­da­rité, col­lo­ques, lutte contre les gran­des épidémies comme la tuber­cu­lose ou le sida, de 1910 à aujourd’hui), les opé­ra­tions inter­na­tio­na­les (d’urgence ou aides diver­ses comme l’assai­nis­se­ment de l’eau, les cons­truc­tions d’hôpi­taux ou les actions éducatives ), les aides aux réfu­giés migrants (accueil, aide finan­cière, aide au loge­ment, regrou­pe­ment fami­lial, adop­tions pour l’Indochine, l’Egypte, l’Algérie, le sud-est asia­ti­que, le Moyen Orient, la Roumanie, l’ex-Yougoslavie et le Kosovo ), les établissements (cons­truc­tions et échanges d’infor­ma­tions avec les hôpi­taux, mai­sons de retrai­tes, sana­to­ria, dis­pen­sai­res, ser­vi­ces de soins à domi­cile, camions de consul­ta­tions ambu­lan­tes de nour­ris­sons, etc., de 1928 à 1995), les conduc­tri­ces ambu­lan­ciè­res (per­son­nel, orga­ni­sa­tion et fonc­tion­ne­ment, échanges d’infor­ma­tions avec les sec­tions loca­les de 1939 à 1990 avec la date de fer­me­ture du ser­vice), le secou­risme (procès-ver­baux d’exa­mens, cours, ani­ma­tion, enga­ge­ments des équipiers, mis­sions à l’occa­sion des jeux olym­pi­ques d’Albertville, du cyclone Hugo, de la famine au Sahel, col­lo­ques de 1940 à aujourd’hui), les acti­vi­tés en milieu car­cé­ral (per­son­nel infir­mier et visi­teurs de prison, rela­tions avec l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire du cours des années 1960 à 1980 avec la date de fer­me­ture du ser­vice), la recher­che de per­son­nes (dos­siers indi­vi­duels des per­son­nes recher­chées, mes­sa­ges de 1950 à aujourd’hui), les convois d’enfants, de per­son­nes âgées, etc. (de 1976 à 1995 avec la date de fer­me­ture du ser­vice), la jeu­nesse (ren­contres inter­na­tio­na­les, pro­gram­mes d’échanges, soli­da­rité, envi­ron­ne­ment, secou­risme, ani­ma­tion de 1957 à 1995) ou encore la chan­cel­le­rie (récom­pen­ses décer­nées à ou par la CRF de 1945 à 1987).

Cette longue énumération ne reflète cepen­dant pas la réa­lité. Les mani­fes­ta­tions orga­ni­sées en 2001 à l’occa­sion du cen­te­naire de la loi de 1901 mon­trent à quel point les archi­ves des asso­cia­tions sont fra­gi­les et péris­sa­bles. Celles de la CRF n’échappent pas à cette règle. Les archi­ves des socié­tés d’ori­gine de la CRF (SSBM, ADF, UFF) sont très par­cel­lai­res. Il en va de même pour les archi­ves de la seconde guerre mon­diale.

2. Les archives courantes et intermédiaires

Des pro­cé­du­res d’archi­vage sont en place depuis mars 2001. Un guide et des tableaux de ges­tion des archi­ves des ser­vi­ces cen­traux, des écoles et des délé­ga­tions ont été élaborés. Ils per­met­tent main­te­nant d’éliminer les masses de docu­ments dont la durée d’uti­lité admi­nis­tra­tive est échue et qui n’ont pas d’inté­rêt his­to­ri­que, et d’isoler plus pré­ci­sé­ment les archi­ves qui en ont un. Au siège, une moyenne de 110 ml de docu­ments sont archi­vés chaque année.

3. Les archives historiques


Les archi­ves his­to­ri­ques des ser­vi­ces cen­traux sont en cours de trai­te­ment et sont inven­to­riées selon les normes ISAAR et ISAD/G. Un cadre de clas­se­ment a été élaboré et des outils de recher­che sont dis­po­ni­bles. L’accès aux archi­ves par le public est uni­que­ment déro­ga­toire pour le moment. Pour com­plé­ter les fonds, un pro­gramme de recueil de témoi­gna­ges oraux a été lancé.

Les archi­ves des délé­ga­tions dépar­te­men­ta­les et loca­les sont trai­tées au cas par cas. Certaines délé­ga­tions ont déjà déposé leurs fonds en Archives muni­ci­pa­les ou dépar­te­men­ta­les (Maine et Loire) et sont inci­tées à agir en ce sens. Les archi­ves des établissements, notam­ment sani­tai­res et sociaux, sou­lè­vent d’autres pro­blé­ma­ti­ques liées à la typo­lo­gie des docu­ments médi­caux.

Virginie Alauzet, 2006

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